ACTE II, SCÈNE VL 5j
DORANTS. .
Tu fais adroitement couler .ta flatterie»
Que ce bout<le ruban a de galanterie!
Je veux le dérober. Mais qu'ei^trce qui le auit 7
LYSE
Rendez-leHDioi^ monsieur; j'ai hâte^ il s'en va nuit.
DORANTE
Je verrai ce que c'est.
LYSE
C'est une mignature*
DORANTE
oh, le èharmant portrait! l'adorable peinture,! Elle est faite à plaisir?
LYSE
Après le naturel.
DORANTE
Je ne crois pas jamais avoir rien vu de tel.
LYSE
Ces quatre diamants dont elle est enricbie
Ont sous eux quelque feuille, ou mal nette, oublanchie;
Et je conrs de ce pas y faire regarder.
DORANTE
Et quel est ce portrait ?
LYSE
Le faut-il dem]ander? Et doutez-vous si c'est ma maîtresse elle-même?
DORANTE
Quoi ? celle qui m'écrit ?
LYSB.
Oui^ ^le qui vous aimé ;
A laimer tant soit peu vous l'auriez deviné.
DORANTE
Un si rare bonheur ne m'est pas destiné ; *
Et tu me veux flatter par cette fausse joie.
LYSE
Quand je dis vrai, monsieur, je prétends qu'on me croie. Mais je m'amuse trop , Forfévre est loin d'ici ; Donnez-moi, je perds temps.
DORANTE
Laisse-moi ce souci; Nous avons un orfèvre arrêté pour ses dettes. Qui saura tout remettre au point que tu souliaites.
LYSE
' Vous m'en donnez, monsieur.
DORANTS.
Je te le ferai voir.
LYSE
Â-t-il la main fort bonne ?
DORANTE
Autant qu'on peut Favoir.
LYSE
Sans mentir?
DORANTE
Sans mentir.
CLITON
U est trop jeune , il n'ose.
LYSE
Je voudrois bien pour vous fidre ici quelque chose : Mais vous, le montrerez. »