ACTE m, SCÈNE m
Que tout mon cœur brûlé d'amour pour vofe appas. Envers votre beauté ne m'acquitteroient pas.
JM£LISS£»
Sachez^ pour arrêter ce discours qui me flatte^ Que je n'ai pu moins faire à moins que d'être ingrate. Vous avez fait pour moi plus que vous ne savez ; Et je vous dois bien plus que vous ne me devez. Vous m'entendrez un jour; à présent je vous quitte^ Et, malgré mon amour ^ je romps cett,e visite : Le soin de mon honneur veut que j'en use ainsi; Je crains à tous moments qu'on me surprenne ici; Encor que déguisée on pourroit me connoître.
Je vous puis cette nuit parler par ma fenêtre, Du moins si le concierge est homme à consentir, A force de présents , que vous puissiez sortir : Un peu d'argent fait tout chez les gens de sa sortie.
DORANTE
Mais après -que les dons m'auront ouvert la porte , Où dois-je vous chercher?
MELISSE.
Ayant su la maison.
Vous pourriez aisément vous informer dû hotn; Encore un jour ou deux il me faut vous le taire : Mais vous n'êtes pas homme à me vouloir déplaire.
Je loge en Bellecour, environ au milieu, Dans un grand pavillon. N'y manquez pas. Adieu.
DORANTE
Donnez quelque signal pour plus certaine adresse.
LYSE
Un linge servira de marque plus expresse;
yd LA iSUÏTE DU MENTEUR.
J'en prendrai soin.
MÉLISSE
On ouvre, et quelqu'un vous vient voir.
Si vous m'aimez , monsieur.;..
(Elles baissent toutes deux leinrs coiffes.) DORANTE.
Je sais bien mon devoir ; Sur ma discrétion prenez toute assurance. '