‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 10 sur 123 · POUR H. D. V,, ENVOYANT UN GA.LA.NT A MADAME L. C. D. L · texte numérisé non relu

POUR H. D. V,, ENVOYANT UN GA.LA.NT A MADAME L. C. D. L

Au point OÙ me réduit la distanee des lieux, Souf&ez que ce galant tous porte mes hommages y Comme si ces couleurs étoient autant d'images De celle qu en mon cœur je conserve le mieux.

Parez-en ce beau sein , ce chef-d'œuvre des cieux. Cette honte des lis , cet aimant des courages ; Ce beau sein où nature a mis tant d'avantages Qu'il dérobe le cœur en surprenant les yeux.

Il va mourir d'amour sur cette gorge nue; Il en pâlit déjà , sa vigueur diminue , Et finit languissant en des traits effacés.

Hélas ! que de mortels lui vont porter envie , Et voudroient en langueur finir ainsi leur vie , S'ils pouvoient en mourant être si bien placés !

i3a POÉSIES DIVERSES

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MADRIGAL

POUR UN MASQUE DONlfANT UNS BOITB DB GBEISES CONFITES ▲ UNE DEMOISELLE.

Allez voir ce jeune soleil^ Cerises, je vous en avoue; Montrez-lui votre teint vermeil Un peu moins que sa lèvre , un peu plus que sa joue; Montrez-lui votre rouge teint , ,

Où la nature a peint, Comme sur une vive image , La cruauté de son courage.

Après, en ma faveur , dans le contentement Que vous aurez si la belle vous touche , Dites-lui secrètement , Approchant de' sa bouche :

Phyllis , notre beauté Ne porte les couleurs que de la cruauté , Mais ce qui la conserve et la fait être aimée Ce n'est que la douceur qu elle tient enfermée ; Ainsi doncque soyez , vous , Belle et douce comme nous.

DE P. CORNEILLE. i33

MADRIGAL

poue unb dame qui rbprésblttoit la nvit en la comedie d'bkdtmioh.

»3i la Lune et la Nuit soat bien représentées , Endymion n'étoit qu'un sot :

Il devoit dès le premier mot Renvoyer à leur ciel les cornes argentées.

Ténébreuse déesse , un œil bien éclidré Dans tes obscurités eût cherché sa fortune; Et je n'en connois point qui n eût tôt préféré Les ombres de la Nuit aux clartés de la Lune.

MADRIGAL

J E ne yeux plus devoir à des gens comme vous , Je vous trouve, Phyllis , trop rude créancière. Pour un baiser prêté qui m'a fait cent jaloux Vous avez retenu mon âme prisonnière. Il fait mauvais garder un si dangereux prêt y J'aime mieux voua le rendre avec double intérêt^ Et m'acquitter ainsi mieux que je ne mérite; Mais à de tels payements je n'ose me fier , Vous accroitrcK ia dette en vous laissant payer ^ Et doublerez mes fers si par là je m'acquitte; Le péril en est grand , courons-y toutefois , Une prison si belle est trop digne d'envie;

i34 POÉSIES DIVERSES

Puissë-je vous devoir plus que je ne vous dois , En peine d'y languir le reste de ma vie !

MADRIGAL

J B suis blessé profondément ; Amour , et ma maîtresse , Qui de vous deux me blesse?

Un aveugle n a point l'adresse De porter dans les cœurs des coups si justement ; Et Phyllis n a point de flèches Pour faire de telles brèches :

Mon mal n est point Teffet ni de ses seuls regards, Ni des traits qu'un aveugle tire ; Mais la mauvaise avecque lui conspire , Et lui prête ses yeux pour adresser ses dards.

ÊPITAPHE DE DIDON,

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