‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 100 sur 123 · PSAUME CXXIII · texte numérisé non relu

PSAUME CXXIII

Nisi quia Dominus erat in nobis.

Oi le Dieu dlsraêl ne m'avoit garanti De rinsolente audace et de la perfidie , Qu'Israël lui-même le die, Si le Seigneur n'eût prb notre parti :

Des ennemis couverts les pièges décevants, Des ennemis connus les bras faits au carnage , Âuroient si bien uni leur rage , Qu elle nous eût engloutis tout vivants.

Le barbare complot de tant de conjurés Qui s'enivrent de sang et se gorgent de crimes Nous eût plongés en des abîmes Où leur fureur nous auroit dévorés..

De leurs plus fiers torrents les orgueilleux ruisseaux N'ont fait en dépit d'eux que bondir sur nos têtes , Où , sans lui , mille autres tempêtes Âuroient roulé d'insupportables eaux.

Béni soit le Seigneur , béni soit le secours Que sa faveur départ , que sa bonté déploie ! Il leur vient d'arracher leur proie , Et de leurs dents il a sauvé nos jours.

Ils nous avoient pouS$és sur les bords du tombeau , Ils y tenoient déjà notre âme enveloppée ;

Mais elle s'en- est échappée , A l'oiseleur comme échappe un oiseau.

On a brisé les lacs qu'ils nous avoient tendus , De notre liberté nous recouvrons Tusage ; Et nous triomphons de leur rage Dans le moment qu'on nous croyoit perdus.

Peuple, n'en doute point, c'est le Seigneur, c'est lui Dont le bras invincible a pris notre défense ; Et son adorable puissance A qui le sert aime à servir d'appui.

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