PSAUME CXXV
In convertendo Dominus captivitatem Sion.
jL/BS qu'il plut au Seigneur mettre fin à nos peines,
Sitôt qu*il eut brisé nos fers , Nous traitâmes de songe et de chimères vaines
Les maux que nous avions soufferts.
Un plein ravissement de tout notre visage
Bannit les marques du passé , Et jusqu'au souvenir d'un si dur esclavage,
Tout cessa, tout fut effacé.
Toutes les nations qui vojoient notre joie ,
Se disoient d'un air sourcilleux :
Il faut que le bonheur où leur Dieu les renvoie
Soit bien grand et bien merveilleux !
Oui , leur répondions-^nous, c'est le Dieu des merveilles, C'est lui qui nous tire d'ipi;
Et comme ses bontés sont pour nous sans pareilles , Notre allégresse l'est aussi.
Favorisez, Seigneur, des mêmes privilèges Ces restes pour qui nous tremblons 9
Comme vent du midi faites fqndre les neiges Qui fertilisent leurs sablons»
Ils ont semé leurs bleds , mais sous des lois sévères Que leur imposoient leurs malheurs ;
Leur douleur égaloit 1 excès de leurs misères, Autant de pas, autant de pleurs.
Mais , s'ils les ont semés avec pleine tristesse ,
Accablés d'ennuis et de maux , Ils reviendront, Seigneur , avec pleine allégresse |
Chargés du fruit de leurs travaux.