SUR LES INSCRIPTIONS SUIVANTES
GoRjfEiLLE fut invité à faire ces inscriptions par une lettre de Louis XIV, encore mineur; et l'on imagine aisément qu'une marque de faveur si distinguée dut faire bien des jaloux. Cette lettre nous a paru digne d'être conservée , comme une anecdote peu connue *, et qui prouve le haut degré de gloire auquel était déjà parvenu ce grand poète; elle est datée de Fontainebleau, le i4 octobre i645.
« Monsieur de Corneille , comme je n'ai point « de vie plus illustre à imiter que celle du feu roi , « mon très honoré seigneur et père , je n'ai point «aussi de plus grand désir que de voir en un « abrégé ses glorieuses actions dignement repré* « sentées , ni un plus grand soin que d'y faire tra- «vailler promptement; et comme j'ai cru que, « pour rendre cet ouvrage parfait , je devois vous c en laisser l'expression , et à Valdor ** les dessins, « et que j'ai vu , par ce qu'il a fait , que son inven-
'^^ n est surprenant que Fontenelle ait ignoré cette lettre.
'*''*' Célèbre artiste du temps , qui fit les dessins des estampes recueillies en un Volume in-folio, sous le titre des Triomphes de Louis-le^uste , treizième du nom, roi de France et de
Navarre.
i58 AVIS.
<c tion avoit répondu à mon attente ; je juge, parce a que vous avez accoutumé de faire , que vous « réussirez en cette entreprise , et que , pour éter- « niser la mémoire de votre roi , vous prendrez a plaisir d'éterniser le zèle que vous avez pour sa ce gloire. C'est ce qui m'a obligé de vous faire cette ce lettre par l'avis de la reine régente , madame ma « mère , et de vous assurer que vous ne sauriez me a donner des preuves d'affection plus agréables que « celles que j'en attends sur ce sujet Cependant je <c prie Dieu qu'il vous ait, monsieur de Corneille, a en sa sainte garde. »
Signé LOUIS, et plus bas, de GuÉiriGAUD.
Les inscriptions , il faut l'avouer, &ont en général très inférieures à ce qu'on devait attendre de Corneille. Il est rare que les ouvrages de commande réussissent; et d'ailleurs la gène imposée au poète par le graveur , et qui restreignait chaque inscription à six vers au plus , dut nécessairement refroidir un génie qui avait plus d'élévation que de souplesse.
POÉSIES DIVERSES DE P. CORNEILLE. i59