SUR SON TRAITE DE LA THÉOLOGIE DES SAINTS
loi qui nous apprends de la grâce
Quelle est la force et la douceur,
Comme elle descend dans un cœur ,
Comme elle agit, comme elle passe;
Docte écrivain , dont l'œil perçant . Va jusqu'au sein du Tout-Puissant
Pénétrer ce profond abîme ;
Que les hommes te vont devoir !
Et que le prix en est ineffable et sublime De ces biens que par là tu mets en leur pouvoir !
Oui, tant que durera ta course.
Tu peux, mortel, à pleines mains
> Cette ode est au commencement de ce Traité , imprimé à Paris en 1668, i/i-4'.
DE P. CORNEILLE. ao3
Puiser des bonheurs souvemins
En cette inépuisable source.
Un guide si bien éclairé
Te conduit d'un pas assuré
Au vivant soleil qui l'éclairé:
Suis 9 mais avec zèle, avec foi , Suis, dis^je , tu verras tout ce qu'il te faut fûre; Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi.
Tu pèches , mais un Dieu pardonne ,
Et pour mériter ce pardon
Il te fait ce précieux don ;
Il n'en est avare à personne.
Reçois avec humilité ,
Conserve avec fidélité ,
Ce grand appui de ta foiblesse :
Avec lui ton vouloir peut tout ; Sans lui tu n'es qu'ordure , impuissance , bassesse* Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout.
C'en est la digne récompense 5
Mais aussi, tu le dois savoir.
Cet usage est en ton pouvoir,
II dépend de ta vigilance :
Tu peux t endormir, t'arrêter.
Tu peux même le rejeter
Ce don , saas qui ta perte est sûre ,
Et n'en tireras aucun fruit.
Si tu défères plus aux sens, à la nature, Qu'aux mouvements sacrés qu'en mon âme il produit.
J'en connois par toi l'efficace, Savant et pieux écrivain ,
ao4 POÉSIES DIVERSES
Qui jadis de ta propre main
M'as élevé sur le Parnasse :
C'étoit trop peu pour ta bonté
Que ma jeunesse eût profité
Des leçons que tu m as données;
Tu portes plus loin ton amour , Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour.
Je suis ton disciple, et peut-être
Que l'heureux éclat de mes vers
Éblouit assez l'univers
Pour faire peu de honte au maître.
Par une plus sainte leçon
Tu m'apprends de quelle £aiçon
Au vice on doit faire la guerre.
Puissé-je en user encor mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre , Puissé-je te devoir un jour celle des cîeux !
Par son très obligé disciple ,
P. CORNEILLS.
Quôd scribo et placeo , si placeo , omne tuum est, *
* Imité du dernier vers de la troisième ode d^Horace , liv. 4 = Qtibd spiro et placeo, si placeo, tuum est.
DE P. CORNEILLE, ao5