‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 43 sur 123 · SUR SON TRAITE DE LA THÉOLOGIE DES SAINTS · texte numérisé non relu

SUR SON TRAITE DE LA THÉOLOGIE DES SAINTS

loi qui nous apprends de la grâce

Quelle est la force et la douceur,

Comme elle descend dans un cœur ,

Comme elle agit, comme elle passe;

Docte écrivain , dont l'œil perçant . Va jusqu'au sein du Tout-Puissant

Pénétrer ce profond abîme ;

Que les hommes te vont devoir !

Et que le prix en est ineffable et sublime De ces biens que par là tu mets en leur pouvoir !

Oui, tant que durera ta course.

Tu peux, mortel, à pleines mains

> Cette ode est au commencement de ce Traité , imprimé à Paris en 1668, i/i-4'.

DE P. CORNEILLE. ao3

Puiser des bonheurs souvemins

En cette inépuisable source.

Un guide si bien éclairé

Te conduit d'un pas assuré

Au vivant soleil qui l'éclairé:

Suis 9 mais avec zèle, avec foi , Suis, dis^je , tu verras tout ce qu'il te faut fûre; Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi.

Tu pèches , mais un Dieu pardonne ,

Et pour mériter ce pardon

Il te fait ce précieux don ;

Il n'en est avare à personne.

Reçois avec humilité ,

Conserve avec fidélité ,

Ce grand appui de ta foiblesse :

Avec lui ton vouloir peut tout ; Sans lui tu n'es qu'ordure , impuissance , bassesse* Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout.

C'en est la digne récompense 5

Mais aussi, tu le dois savoir.

Cet usage est en ton pouvoir,

II dépend de ta vigilance :

Tu peux t endormir, t'arrêter.

Tu peux même le rejeter

Ce don , saas qui ta perte est sûre ,

Et n'en tireras aucun fruit.

Si tu défères plus aux sens, à la nature, Qu'aux mouvements sacrés qu'en mon âme il produit.

J'en connois par toi l'efficace, Savant et pieux écrivain ,

ao4 POÉSIES DIVERSES

Qui jadis de ta propre main

M'as élevé sur le Parnasse :

C'étoit trop peu pour ta bonté

Que ma jeunesse eût profité

Des leçons que tu m as données;

Tu portes plus loin ton amour , Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour.

Je suis ton disciple, et peut-être

Que l'heureux éclat de mes vers

Éblouit assez l'univers

Pour faire peu de honte au maître.

Par une plus sainte leçon

Tu m'apprends de quelle £aiçon

Au vice on doit faire la guerre.

Puissé-je en user encor mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre , Puissé-je te devoir un jour celle des cîeux !

Par son très obligé disciple ,

P. CORNEILLS.

Quôd scribo et placeo , si placeo , omne tuum est, *

* Imité du dernier vers de la troisième ode d^Horace , liv. 4 = Qtibd spiro et placeo, si placeo, tuum est.

DE P. CORNEILLE, ao5

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