POUR LA JONCTION DES DEUX MERS
IMITATION D'UNE PIEGE LATINE D'UN AVOCAT DE TOULOUgE , NOMMÉ PARISOT.
La Garonne et FAtax dans leur$ grottes profondes
Soupiroient de tout temps pour voir unir leurs ondes.
Et faire ainsi couler par un heureux penchant
Les trésors de l'aurore aux rives du couchant,
Mais à des vœux si doux, à des flammes si belles,
La nature, attachée à ses lois éternelles.
Pour obstacle invincible opposoit fièrement
Des monts et des rochers Taffreux enchaînement.
France, ton grand roi parle, et ces rochers se fendent,
La terre ouvre son sein , les plus hauts monts descendent ;
Tout cède; et Veau qui suit les passages ouverts
Le fait voir tout-puissant sur la terre et les mers.
a3o POÉSIES DIVERSES
AU ROI
SUR US AiTAJlLlSStMBHT DX LA FOI GATHOUQU^tf Bt SES CONQUETES DE HOLLANDE.
Tes victoires, grand roi! si pleines et si promptes, N'ont rien qui ne surprenne en leur rapide cours, Ni tout ce vaste effroi des peuples que tu domte^. Qui t'ouvre plus de murs que tu n'y perds de jours*
C'est l'effet, c'est le prix des soins dont tu travailles A ranimer la foi qui s'y laisse étouffer :
Tu mets de leur parti le Maître des batailles. Et, dès qu'ils ont vaincu , tu le fais triompher*
Tu prends ses intérêts , il brise tous obstacles; Tu rétablis son culte, il se fait ton appui; Sur ton zèle intrépide il répand ses miracles , Et prête son secours à qui combat pour lui.
Ils font de jour en jour nouvelle peine à croire, Ils vont de marche en marche au-delà des projets, Lassent la renommée , épouvantent l'histoire , Préviennent l'espérance , et passent les souhaits.
Poursuis, digne monarque, et rends^lui tous ses temples; Fais-lui d*heureux sujets de ceux qu'il t'a soumis ; Et comme il met ta gloire au-dessus des exemples. Mets la sienne au-dessus de tous ses ennemis.
DE P. CORNEILLE. aSi
Mille autres à Tenvi peindront ce grand cour^g^, Ce grand art de régner qui te 6uit en tout lieu ; Je leur en laisse entre eux disputer Favantage, Et ne yeux qu'admirer en toi le don de Dieu.