PSAUME XVIII
Cœli enarrant gloriam Dei.
Db8 célestes lambris la pompeuse étendue
Fait réloge du souverain , Et tout le firmament ne présente à la vue
Que des ouvrages de sa main. .
Le jour prend soin d'apprendre au jour qui lui succède
Ce que sa parole a produit; Et la nuit, qui la su de la nuit qui lui cède,
L'enseigne à celle qui la suit.
Aux quatre coins du monde ils parlent un langage
Qu'entendent toutes nations ; Et des plus noirs climats l'hôte le plus sauvage
En comprend les instructions.
Ils servent de tableaux ainsi que de trompettes ;
Ce qu'ils disent ils le font voir ; Et des grandeurs de Dieu s'ils sont les interprètes,
Ils en sont aussi le miroir.
Le soleil qui lui sert de trône incorruptible,
Les étale aux r^rds de tous, Et ce visible agent d*un monarque invisible
En est paré comme un époux.
Il part tel qu'un géant, armé d'une lumière.
Ceint d'un feu qui nous enrichit; Et du sommet des cieux il s'ouvre une carrière
Dont jamais il ne s'af&anchit.
Chaque jour pour finir et reprendre sa course.
Il remonte au même sommet, Et sa chaleur partout verse l'heureuse source
Des biens que son maître promet.
La loi du même Dieu n'est pas moins salutaire;
Elle touche, elle convertit; Et pour les yeux du corps que le soleil éclaire,
Elle éclaire ceux de l'esprit.
Sa parole est fidèle , et répand la sagesse
Dans les cœurs les plus ravalés ; Sa justice est exacte, et répand l'allégresse
Dans les cœurs les plus désolés.
C'est la sainte frayeur de ses ordres suprêmes
Qui fait vivre à l'éternité; Ils sont tous en tous lieux justifiés d'eux-mêmes,
Tous sont la même vérité.
L'or, la perle, et l'éclat des pierres précieuses,
Sont beaucoup moins à souhaiter, Et les douceurs du miel les plus délicieuses
Sont bien moins douces à goûter.
3io POÉSIES DIVERSES
Aussi ton serviieur avec K>în les observe;
Tu le sais, ô Dieu l tu le vois.
Oh! que grand est le prix que ta bonté réserve
Aux âmes qui gardetit tes lois!
Mais qui connoit, Seigneur, les pécbës d'ignorance?
Epure-men dès airjourd'hui; Pardonne ceux d*orgueïï, de propre suffisance ,
Et défends-moi de ceux d'autrui.
Si je pouTois sur moi leur ôter tout empire,
Si je m'en voyoîs bien purgé, Des crimes les plus grands que tout Tenfer inspire
Je m'estimerois dégagé.
Il ne sortiroit lors aucun mot de ma bouche Qui ne plût au grand Roi des cieux;
Je ne m'entretiendrois que de ce qui le touche^ Je l'aurois seul devant les yeux.
Seigneur, qui de tous maux êtes le seul remède , Et de tout iHen l'unique auteur,
En ces pressants besoins prodiguet-mcH votre akle, Et soyez mon libérateur.
DE p. CORNEILLE. 3ri