PSAUME L
Miserere met, Deus y secundum magnam misericordiam tuam.
Jl R B N E z pitié de moi , Seigneur, Suivant ce qua d'excès votre miséricorde; Souffrez qu'en ma faveur son torrent se déborde,
Et désarme votre rigueur»
Au lieu de ces punitions Que doit votre justice à mon ingratitude y Jetez sur mon péché toute la multitude
De vos saintes compassions.
Daignez de plus en plus laver De mes iniquités les infirmes souillures : Vous avez commencé de guérir mes blessures:
Hâtez- vous, Seigneur, d'achever.
Je ne me trouve en aucuns lieux Oii d'un si noir forfait l'image ne me tue , ' Et de quelque côté que je porte la vue,
Elle frappe aussitôt mes yeux.
Je n'ai péché que contre vous ; Mais aussi j'ai péché , Seigneur , à votre face : Ainsi vous serez juste, et si vous faites grâce ^
Et si vous jugez en courroux^
Que puis-je , après tout , que pécher ?
Si c'est par le péché que j ai vu la lumière , Et si c est en péché que ma conçu ma mère,
Par où puis-je m'en détacher ?
C'est par cette seule bonté , Qui tire du pécheur l'aveu de sa foiblesse , Et qui m'a révélé ce que votre sagesse
A de plus sainte obscurité.
Jusqu'en mon sein faites couler * Ces eaux qui de blanchir ont le grand ^privil^e ; Quand j'en serai lavé , la blancheur de la neige
N'aura point de quoi m'égaler.
Parlez, et me faites ouïr De si justes sujets de véritable joie.
Que jusque dans mes os mon oreille renvoie
De quoi toujours se réjouir.
Mais pour cela , Seigneur, il £aiut Détourner vos regards de mes &utes passées , En rendre au dernier point les taches effacées.
Et puiger le moindre dé&ut.
Ce n'est pas tout; il faut en moi Créer un cœur si pur, qu'il tienne l'âme pure ; Renouveler en moi cet esprit de droiture Qui n'agit que sous votre loi.
Lorsque vous m'aurez pardonné, Ne me rejetez pas de devant votre face ; Et ne relirez pas l'esprit de votre grâce
Après me l'avoir redonné.
3a8 POÉSIES DIVERSES
Rendèz-^moi ce divin transport Oii s elevoit ma joie en votre salutaire ; Cet esprit tout de feu, qui s'efforce à vous plaire,
Et dont TOUS bénissez Veffort.
renseignerai ces vérités Qui ramènent Tinjuste à suivre la justice; Et je veux qu'à son tour mon exemple guérisse
Ceux que mon exemple a gâtés.
Surtout préservez-moi, Seigneur, De plus faire verser le sang dé l'innocence ; Et je dirai partout quelle est votre clémence
A justifier un pécheur.
Ouvrez mes lèvres , ô mon Dieu !
Que je puisse mêler ma voix aux voix des anges ; Et je ferai, comme eux, de vos saintes louanges
Mon plus doux objet en tout lieu.
Sur des autels filmants pour vous , Si vous l'aviez voulu , j'aurois mis des victimes : Mais l'holocauste enfin n'efiEsice pas mes crimes,
N'éteint pas tout votre courroux.
Le sacrifice qui vous plaît , C'est un esprit touché, des yeux fondus en larmes; Le cœur humble et contrit vous arrache les armes ,
Vous fait révoquer votre arrêt.
Que mes crimes n'empêchent pas Que pour votre Sion votre bonté n'éclate; Relevez-en les murs, s'il faut qu'on les abatte.
Protégez-la dans les combats.
DE P. CORNEILLE. Sag
Vous daignerez lors accepter Des taureaux immolés le juste sacrifice ; Et Tholocauste offert à votre amour propice
Ne s'en verra point rebuter.