PSAUME LXII
Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo.
JjiEu, que je reconnois pour Fauteur de mon être ,
De qui dépend mon avenir , Sitôt que la lumière a commencé de naître ,
Je m'éveille pour te bénir.
Pour apaiser l'ardeur qui dessèche mon âme,
Sa soif n'a de recours qu'à toi ; Et ma chair que dévore ime pareille flamme
Se fait une pareille loi.
Dans im climat sans eaux , sans habitants , sans voie,
Devant toi je me suis offert , Pour mieux voir les vertus que ta bonté déploie 9
Et ta gloire dans ce désert*
DE P. CORNEILLE. 33i
Cette bonté , Seigneur, vaut mieux que miUe vies ,
Que mille empires à la fois :
Nous t'en devons louer , et nos âmes ravies
Y vont unir toutes nos voix.
Puissé'je de mes jours n'employer ce qui reste
Qu'aux éloges d'un Dieu si bon , Et n'élever les mains vers la voûte céleste
Que pour en exalter le nom !
Se puisse ainsi mon âme enivrer de ta grâce ,
Et s'enridiir de tes présents, Que ma joie à ma langue en confira l'audace
Jusques à la fin de mes ans !
Au milieu de la nuit, dans le fond de ma coucbe, J'en veux prendre un soin amoureux.
Et, dès le point du jour, mon esprit et ma bouche Béniront ton secours heureux.
En l'appui de ton bras , sous l'ombre de tes ailes ,
J'ai mis mon bonheur souverain ; Et mon âme attachée à tes lois éternelles,
A reçu l'aide de ta main.
Mes ennemis ont vu dissiper leur poursuite ;
Leur sang coulera sous l'acier ; Dans le sein de la terre ils cacheront leur fuite ,
Ainsi que renards au terrier.
Mon^ône est raffermi, ma joie est ranimée;
Et tes humbles adorateurs Feront gloire de voir la bouche ainsi fermée
Aux lâches calomniateurs^
33a POÉSIES DIVERSES