‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 82 sur 123 · PSAUME LXXXIV · texte numérisé non relu

PSAUME LXXXIV

Benedixisti , Domine, terrant tuam.

Il vous a plu, Seigneur, bénir votre contrée, Ce cher et doux climat choisi sur Funirers; Et par tant de soupirs votre âme pénétrée , Â tiré Jacob de ses fers.

Vous avez répandu les bontés d un vrai père Sur ce que votre peuple a commis de péchés ; Et, pour ne les plus voir d*un regard de colère. Votre amour vous les a cachés.

Toute cette colère enfin s'est adoucie, Vous avez détourné les traits de sa fureur , Et de tous les excès dont nous l'avons grossie. Vous avez pardonné l'erreur.

Changez si bien nos cœurs qu'dlle se puisse éteindre , Qu'elle ne trouve point de quoi se rallumer ; .

DE P. CORNEILLE, a35

La plus foible étincelle est toujours trop à craindre A qui ne veut que vous aimer.

PourriezrTOus , Dieu tout bon , pouniez-vous sur nos tètes Tenir le bras levé durant tout layenir y .

Et ne quitter jamais ces foudres toujours prêtes A TOUS venger et nous punir ?

Non , non , ce vieux courroux fait place à la démence ; 11 s'est évanoui pour lui laisser son tour :

Vous allez rendre à tous la joie et Fàssurance De voir régner tout votre amour.

Hâtez-vous de montrer , en prince débonnaire , Cet effet de pitié si long-temps attendu; Faites-nous le grand don de votre salutaire^ Vous l'avez promis , il est dû.

Peuples , faites silence à cette voix secrète Par qui le Tout-Puissant s'en explique avec moi ; Et je vais vous apprendre en fidèle interprète Quelle paix suivra votre foi.

Ce sera cette paix dont sa bonté suprême De ses vrais serviteurs remplit la sainteté , Et que possède un cœur qui, rentrant en soi-même , En chasse toute vanité»

Ce divin salutaire est bien près de paroitre , Pe se rendre visible aux yeux de qui le craint : Oui^ sa gloire est bien près de se faire connoître . A ce que la terre a de saint,

La rencontre s'est faite , après tant de colère, De la miséricorde avec la vérité;

La justice et la paix , par un baiser sincère , Marquent notre félicité.

Je Vois naatre déjà d'une terre sans vice La même vérité pour qui nous soupirons , Et du plus haut du ciel cette même justice Descendre sur nos environs.

Je ne m'en dédis point , le grand Maître du monde Fait briller tout Téclat de sa bénignité ; La terre , par lui seul 'et pour lui seul féconde , Va donner le fruit souhaité.

La justice en tous lieux lui servira de guide ; Elle lui tracera ses routes ici-bas , Et mettra dans la voie où le vrai bien réside Quiconque s'attache à ses pas.

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