‹ Œuvres de P. CorneilleChapitre 86 sur 123 · PSAUME XCIV · texte numérisé non relu

PSAUME XCIV

f^enite , exsultemus Domino.

TENEZ, peuple, venez; il est honteux de taire

Les merveilles du Roi des rois ; Élevons avec joie et nos cœurs et nos voix

Au vrai Dieu, notre salutaire;

Que la louange de son nom Puisse en notre Ëiveur préoccuper sa face,

Nos concerts mériter sa grâce,

Nos larmes obtenir pardon !

n est le Dieu des dieux, il en est le grand Maître, Aussi fort, aussi bon que grand;

34a POÉSIES DIVERSES

Il ne dédaigne point Thommage qu'on lui rend;

Il conserve ce qu'il fait naître;

Il est de tout Tunique auteur; Il enferme en sa main les deux bouts de la terre;

Des monts plus hauts que le tonnerre

D'un coup d'œil il voit la hauteur.

Du vaste sein des mers les eaux les plus profondes

Sont à lui, prennent loi de lui; Il est seul de la terre et l'auteur et l'appui,

Il la soutient contre tant d'ondes.

Venez, pleurons à ses genoux; Il nous a faits son peuple, il aime ses ouvrages,

Et dans ses heiu^eux pâturages

Il n'admet de troupeaux que nous.

Oyez, oyez sa voix qui répond à vos larmes;

Mais n'endurcissez pas vos cœurs , Comme alors qu'au désert contre vos conducteurs

Il s'élevoit tant de vacarmes :

Vos pères y voulurent voir Jusques où s'étendoit le pouvoir d'un tel Maître;

Et répreuve leur fit connoître

Par leurs yeux mêmes ce pouvoir.

Quarante ans, vous dit-il, j'ai conduit cette race.

Quarante ans j'ai sondé leurs cœurs, Sans y voir que murmure, et qu'orgueil, et qu'erreurs,

Sans y trouver pour moi que glace :

Ces vieux ingrats à tous propos Ne vouloient plus savoir les chemins de me plaire;

Et je jurai,* dans ma colère.

De leur refuser mon repos.

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