I.e jour à tous les deux dans le» lourmeiil,> ravi
N'a point mêlé de crainte à la fureur d'Égnace,
Dont Ciiina maintenant o.sc prei dre la place;
Et dans les plus bas rangs les noms les jiliis abjects
Ont voulu s'ennoblir iiai- de si hauts projets.
A|irês avoir en vain puni leur insob'nce,
Essayez sur (.'innace que peut fi ch-mence.
Faites son châtiment de sa confusion,
Cherchez le plus utile eu cette occasion :
Sa peine peut aigrir une ville animée.
Son pardon peut servir à votre renonmiée;
Et ceux que vos rigueurs ne font qu'effaroucher
Peut-être à vos bontés se laisseront toucher.
AUGUSTE
(jagnons-les tout à fait en quittant cet empire Qui nous rend odieux, contre qui l'on conspire. J'ai trop par vos avis consulté là-dessus; Ne m'en parlez jamais, je ne consulte plus.
Cesse de soupirer, Rome, pour ta franchise; Si je t'ai mise aux fers, moi-même je les brise. Et te rends ton État, après l'avoir conquis. Plus paisible et plus grand que je ne te l'ai pris : Si tu veux nie haïr, hai.s-nioi sans plus rien feindre; Si lu me veux aimer, aime-moi sans me craindre : De tout ce qu'eut Sylla de puissance et d'honneur. Lassé comme il en fut, j'aspire à son bonheur.
LIVIE
.\ssez et trop longtemps son exemple vous flatte; Mais gardez que sur vous le contraire n'éclate : Ce bonheur sans pareil qui conserva ses jours Ne serait pas bonheur s'il arrivait toujours.
AUGUSTE
Eh bien, s'il est trop grand, si j'ai tort d'y prélciulre, J'abandonne mon sang à qui voudra l'épandre. Après un long orage il faut trouver un port; Et je n'en vois que deuN, le repos ou la mort.
LIVIE
Quoi ! vous voulez quitter le fruit de tant de peines!
AUGUSTE
Quoi! vous voulez garder l'objet de tant de haines!
LIVIE
Seigneur, vous emporter à cette extrémité, C'est plutôt désespoir que générosité.
AUGUSTE
Régner et caresser une main si traîtresse.
Au lieu de sa vertu, o!est montrer sa faiblesse.
LIVIE
C'est régner sur vous-même, et, par un noble choix. Pratiquer la vertu la plus digne des rois.
AUGUSTE
Vous m'aviez bien promis des conseils d'une femme; Vous me tenez parole, et c'en sont là, madame.
Après tant d'ennemis à mes pieds abattus. Depuis vingt ans je règne, et j'en sais les vertus; Je sais leur divers ordre, et de quelle nature Sont les devoirs d'un prince en cette conjoncture : Tout son peuple est blessé par un tel attentat, Et la seule pensée est un crime d'État,