SCÈNE H
polyeuctf:.
i^Les gardes se relirenl aux coins du lltéùtre.)
Source délicieuse, en misère féconde.
Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Heureux ailacbenients de la chair et du monde. Que ne me quitlez-vous. quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre:
Toute votre félicité.
Sujette à l'instabilité.
En moins de rien tombe par terre;
Et, comme elle a l'éclat du verre,
l.lle en a la fragilité.
POLYEUCTE
Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire. Vous étalez en vai)i vos charmes impuissants; Vous nie montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. 11 étale à son tour îles n'\ers équitaliles,
Par qui les grands sont eonfomlus;
lit les f,'laives qu'il lient pendus
Sur les ])his lorluiiés coupables
Sont d'aulanl plus inévitables,
(,lne leurs coups sont moins atteniUis.
Ti^re altéré de .sang, Déeie impitoyable, Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue;
Kien ne t'en saurait garantir;
Et la foudre qui va partir,
Toute prête à crever la nue,
Ne peut plus être retenue
Par l'attente du repentir.
Que cependant Félix mimniole à ta colère; (Ju'nn rival plus puissant éblouisse ses yeux; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père. Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine. Monde, pour moi tu n'as plus rien : .le porte en un cœur tout cbrélien Lue flamme toute divine; Et je ne regarde Pauline Que comme un obstacle à mon bien.
Saintes douceurs du ciel, adorables idées,
Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir;
De vos sacrés attraits les âmes possédées
Ne conçoivent plus rien qni les puisse émouvoir.
Vous promettez beaucoup et donnez davantage :
Vos biens ne sont point inconstants;
Et l'heureux trépas que j'attends
Ne vous sert que d'un doux passage
Pour nous introduire au partage
Qui nous rend à jamais contenis.
C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.
Je la vois; mais mon cœur, d'un saint zèle enflam- N'en goûte plus l'appas dont il était charmé; [mé. Et mes yeux, éclairés des célestes lumières, Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières,