‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 182 sur 788 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

polyeuctf:.

i^Les gardes se relirenl aux coins du lltéùtre.)

Source délicieuse, en misère féconde.

Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Heureux ailacbenients de la chair et du monde. Que ne me quitlez-vous. quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre:

Toute votre félicité.

Sujette à l'instabilité.

En moins de rien tombe par terre;

Et, comme elle a l'éclat du verre,

l.lle en a la fragilité.

POLYEUCTE

Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire. Vous étalez en vai)i vos charmes impuissants; Vous nie montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. 11 étale à son tour îles n'\ers équitaliles,

Par qui les grands sont eonfomlus;

lit les f,'laives qu'il lient pendus

Sur les ])his lorluiiés coupables

Sont d'aulanl plus inévitables,

(,lne leurs coups sont moins atteniUis.

Ti^re altéré de .sang, Déeie impitoyable, Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue;

Kien ne t'en saurait garantir;

Et la foudre qui va partir,

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix mimniole à ta colère; (Ju'nn rival plus puissant éblouisse ses yeux; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père. Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine. Monde, pour moi tu n'as plus rien : .le porte en un cœur tout cbrélien Lue flamme toute divine; Et je ne regarde Pauline Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir;

De vos sacrés attraits les âmes possédées

Ne conçoivent plus rien qni les puisse émouvoir.

Vous promettez beaucoup et donnez davantage :

Vos biens ne sont point inconstants;

Et l'heureux trépas que j'attends

Ne vous sert que d'un doux passage

Pour nous introduire au partage

Qui nous rend à jamais contenis.

C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.

Je la vois; mais mon cœur, d'un saint zèle enflam- N'en goûte plus l'appas dont il était charmé; [mé. Et mes yeux, éclairés des célestes lumières, Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières,

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