‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 19 sur 788 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

SCENK PREMU'T.E

M';nisiî.

Malheureux instrument du malheur qui me presse, 'Jue j'ai pitié de toi, déplorable princesse! \vant que le soleil ait fait encore un tour, l'a perte inévitable achève ton amour.

Ton destin te trahit, et ta beauté fatale Sous l'appât d'un hymen t'expose â la rivale; l'on sceptre est impuissant à vaincre son effort; Et le jour de sa fuite est celui de ta mort. Sa vengeance à la main elle n'a qu'à ré.soudre, L'n mot du haut descieux fait descendre le foudre; Les mers, pour noyer tout, n'attendent que sa loi; La terre offre à s'ouvrir sous le palais du roi; L'air tient les vents tout prêts à suivre sa colère, Tant la nature esclave a peur de lui déplaire; Et, si ce n'est assez de tous les éléments. Les enfers vont sortir à ses commandements. .Moi, bien que mon devoir m'attache à son servie;. Je lui préie à regret un silence complice; D'un louable désir mon cœur sollicité Lui ferait avec joie une infidélité:

.Mais, loin de s'arrêter, sa rage découverte,. A celle de Creuse ajouterait ma perte; El mon funeste avis ne servirait de rien (Ju'à confondre mon sang dans lesbouillonsdu sic;:. D'un mouvement contraire à celui de mon âme, La crainte de la mort m'ôte celle du blâme; Et ma timidité s'efforce d'avancer Ce que hors du péril je voudrais traverser.

ACTi-: m, SCÈNE m.

Page 1