‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 195 sur 788 · SCÈNE VI fi<:li.\, sévère, Pauline, albin, f.\bian · texte numérisé non relu

SCÈNE VI fi<:li.\, sévère, Pauline, albin, f.\bian

SÉVÈRE

Père dénaturé, malheureux politique,

Esclave ambitieux d'une peur chimérique, I Polyeucte est donc mort! et par vos cruautés

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Public pai- Furnc, à Paris.

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ACTK V, SCEiNK VI.

Ifil

\'c)us ponsM conserver \os triste» dijjiiilos!

la faveur que pour lui je vous avais offerte.

Au lieu de le sauver, précipite sa perte 1

J'ai prii', menacé, mais sans vous tiinou voir;

Va vous m'avez cru fourbe ou de peu de pouvoir !

Kli bien , à vos dépens vous verrez que Sévère

Ne se vante jamais que de ci- qu'il peut faire ;

Et par votre ruine il vous fera juger

(Jue qui peut bien vous perdre eCit pu vous protéger.

Continuez aux dieux ce service lidèle;

Par de telles horreurs montrez-leur votre zèle.

Adieu ; mais, quand l'orage éclatera sur vous,

Ne doutez point du bras dont partiront les coups.

rÉiix.

Arrèlez-vous, seigneur, et d'une àine apaisée Souffrez que je vous livre une vengeance aisée. iS'e me reprochez plus que par mes cruautés Je tâche à conserver mes tristes dignités; Je dépose à vos pieds l'éclat de leur faux lustre : Celle où j'ose aspirer est d'un rang plus illustre; Je m'y trouve forcé par un s-^cret appas; Je cède à des transports que je ne connais pas ; El. par un mouvement que je ne puis entendre. De ma fureur je passe au zèle de mon gendre. C'est lui, n'en doutez point, dont le sang innocent Pour son persécuteur jirie un Dieu tout-puissant; Son amour épandu sur toute la famille Tire après lui le père aussi bien que la lille. J'en ai fait un martyr, sa mort me fait chrétien; J'ai fait tout son bonheur, il veut faire le mien. C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce : Heureuse cruauté dont la suite est si douce! Donne la main, Pauline. Apportez des liens; Immolez ;i vos dieux ces deux nouveaux chrétiens. Je le suis, elle l'est, suivez voire colère.

l'.KCLl.NE.

Qu'heureusement enlin je retrouve mon père !

Cet heureux changement rend mon bonheur parfait.

rti.iv.

.Ma lille, il ii'apparlieiil ([u'à la main ipii le fait.

sKvf;r,r.

Oui ne serait louché d'un si tendre spectacle! De pareils changemenls ne vont point sans miracle : Sans doute vos chréiiens qu'on persécute en vain Ont queliiue chose en eux qui surpasse l'hiimain; Ils mènent une vie avec tant d'innocence, <}ue le ciel leur en doit quelque reconnaissance : Se relever plus forts, plus ils sont abattus, N"est pas aussi l'effet des communes vertus. Je les aimai toujours, quoi qu'on m'en ait pu dire; Je n'en vois point mourir que mon cœur n'en soiipire-, Et peut-êti-e qu'un jour je les connaîtrai mieux. J'approuve cependant que chacun ait ses dieux. Qu'il les serve à sa mode et sans peur de la peine. Si vous êtes chrétien, ne craignez plus ma haine; Je les aime, Félix, et de leur protecteur Je n'en veux pas sur vous faire un persécuteur.

Cardez votre pouvoir, reprenez-en la marque; Servez bien votre Dieu, servez voire monarque. Je perdrai mon crédit envers sa majesté, Ou vous verrez finir celte sévérité :

Par cette injuste haine il se fait trop d'outrage.

rÉLix.

Daigne le ciel en vous achever Sun ouvrage.^ Et, pour vous rendre un jour ce que vous méritez, Vous inspirer bientôt toutes ses vérités!

Nous autres, bénissons notre heureuse aventure; Allons à nos martyrs donner la sépulture, Daiser leurs corps sacrés, les mettre en digne lieu, El faire retentir partout le nom de Dieu.

FIS DF, POLVrtCTE.

EXAMEN UE l'ULVELCTE.

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