‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 23 sur 788 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CllliON, l'OLLUX, Soldats.

Nous devons bien chérir celle valeur parfaite Qui de nos ravisseurs nous donne la défaite. Invincible héros, c'esl à votre secours Que je dois désormais le bonheur de mes jours; (;'est vous seul aujourd'hui dont la main vengeresse Rend à Créon sa fille, à Jason sa maîtresse, Met lEgée en prison et son orgueil à bas, Et fait mordre la terre à ses meilleurs soldats.

POt.LUX.

Grand roi, l'heureux succès de cette déli vrance [lance. \'ous est beaucoup mieux dû qu'à mon peu de vail- C'est vous seul et Jason, dont les bras indomptés Portaient avec effroi la mort de tous côtés; Pareils à deux lions dont l'ardente furie Dépeuple en un moment toute une bergerie, l-'exemple glorieux de vcs faits plus qu'humains Echauffait mon courage cl conduisait mes mains: .l'ai suivi, mais de loin, des actions si belles. Qui laissaient à mon bras tant d'illubtres modèles. Pourrait-on reculer en combattant sous vous. Et n'avoir point de cœur à seconder vos coups?

CRÉo:*.

Votre valeur, qui souffre^ en cette repartie, Ole toute croyance à votre modestie :

Mais, puisque le refus d'un honneur mérité N'est pas un petit trait de gériérosilé. Je vous laisse en jouir. Auteur de la victoire. Ainsi qu'il vous plaira, départez-en la gloire; Comme elle est votre bien, vous pouvez la donner. Que prudemment les dieux savent tout ordonner! \'oyez, brave guerrier, comme votre arrivée Au jour de nos malheurs se trouve réservée. Et qu'au point que le sort osait nous menacer Ils nous ont envoyé de quoi le terrasser.

Digne sang de leur roi, demi dieu magnanime, Dont la vertu ne peut recevoir trop d'estime. Qu'avons-nous plusà craindre? et quel destin jaloux. Tant que nous vous aurons, s'osera prendre à nous?

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