LK ME M' EU H
S'il ii'psidii loiilstgraiul(iuo votre luiiiieiii-soulwi le...
ClillOME.
Saclioiis, ;i tvia prés, puisiiuc c'est chose faite. Elle se nomme'.'
DOBAM'E.
Orpliise; et son père, Arinédoii.
Clir.OME.
Je n'ai jamais ouï ni l'un ni l'autre nom. Mais poursuis.
non.vNTE.
Je la vis presque à mon arrivée.
Une âme de rocher ne s'en fiit pas sauvée, Tant elle avait d'appas, et tant son oeil vainqueur Par une douce force assujettit mon cœur! Je cherchai donc chez elle à faire connaissance; Et les soins obligeants de ma persévérance Surent plaire de sorte à cet objet charmant, Que j'en fus en six mois autant aimé qu'amant. J'en reçus des faveurs secrètes, mais honnêtes, Et j'étetldis si loin mes petites ccinquètes, Qu'en son quartier souvent je me coulais sans bruit Pour causer avec elle une part de la nuit.
Un soir que je venais de monter dans sa chambre (Ce fut, s'il m'en souvient, le second de septembre, Oui, ce fut ce jour-là que je fus attrapé), Ce soir même son père en ville avait soupe; Il monte à son retour, il frappe à la porte : elle Transit, pâlit, rougit, me cache en sa ruelle, Ouvre enfin, et d'abord (qu'elle eut d'esprit et d'art !l Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard, Dérobe en l'endirassant son désordre à sa vue : 11 se sied; il lui dit qu'il veut la voir pourvue; Lui propose un parti qu'on lui venait d'offiir. Jugez combien mon cœur avait lors à souffrir! Par sa réponse adroite elle sut si bien faire, Que sans m'inquiéter elle plut à son père. Ce discours ennuyeux enfin se termina; Le bon homme partait quand ma montre sonna: Et lui, se retournant vers sa fille étonnée : Cl Depuisquand cette montre? et qui vous l'a donnée'? « — Acaste, mon cousin, me la vient d'envoyer, (1 Dit-elle; et veut ici la faire nettoyer, 0 N'ayant point d'horlogiers au lieu de sa demeure : « Elle a déjà sonné deux fois en un quart d'heure. <i — Donnez-la-moi, dit-il,j'enprendrai mieux le soin. Il Alors pour me la prendre elle vient en mon coin : Je la lui donne en main; mais, voyez ma disgrâce, Avec mon pistolet le cordon s'embarrasse. Fait marcher le déclin : le feu prend, le cou part; Jugez de notre trouble à ce triste hasard. Elle tombe par terre; et moi, je la crus morte. Le père épouvanté gagne aussitôt la porte ; 11 appelle au secours, il crie à l'assassin : Son fils et deux valets me coupent le chemin. Furieux de ma perte, et combattant de rage, ^ Au milieu de tous trois je me faisais passage, j Quand un autre malheur de nouveau me perdit; Mon épée en ma main entrois morceaux rompit. Désarmé, je recule et rentre : alors Orphise,
De sa frayeur première aucunement remise, Sait prendre un tenqis si juste en son reste d'effroi, Qu'elle pousse la porte et s'enferme avec moi. Soudain nous entassons, pour défenses nouvelles, Bancs, tables, coffres, lits, et jusqu'aux escabelles. Nous nous barricadons, cl, dans ce premier feu, Nous croyons gagner tout à différer un peu. Mais, comme à ce rempart l'un et l'autre tra\ailli'. D'une chambre voisine on perce la muraille : Alors, me voyant pris, il fallut composer.
(ici Clarice les voil de sa fenûlre; et Lucrèce, avec
tal'ellc, les voil au«i de la sienne.)
GÉno.Mt.
C'est-à-dire en français qu'il fallut l'épouser?
DOIIANTC .
Les siens m'avaient trouvé de nuit seul avec elle. Ils étaient les plus forts, elle me semblait 'belle. Le scandale était grand, son honneur se perdait : A ne le faire pas ma tête en répondait; Ses grands efforts pour moi, son péril et ses larmes. A mon cœuramoureux étaient de nouveaux charmes : Donc, pour sauver ma vie ainsi que son honneur, Et me mettre avec elle au comble du bonheur, Je changeai d'un seul mot la tempête en bonace. Et fis ce que tout autre aurait fait en ma place. Choisissez maintenant de me voir ou mourir, Ou posséder un bien qu'on ne peut trop chérir.
GÉRONTE
Non, non, je ne suis pas si mauvais que tu pense? Et trouve en ton malheur de telles circonstances, Que mon amour t'excuse; et mon esprit touché Te blâme seulement de l'avoir trop caché.
DOP.AME.
Le peu de bien qu'elle a me faisait vous le taire.
Gl'r.ONIE.
Je prends peu garde au bien, afin d'être bon père. Elle est belle, elle est sage, elle sort de bon lieu. Tu l'aimes, elle t'aime; il me suffit. Adieu : Je vais me dégager du père de Clarice.