SABI.XE
Je ne les crois non plus; mais j'en crois ses pistoles.
LL'CRÊCE.
Il t'a donc fait présent?
SABINE
Voyez.
LE MENTIîL'Ii.
luci:kce.
lit tu l'as pris?
SAUINE.
Pour vous ùtor du trouble où flottent vos l'sprils, Et vous mieux témoij,'ner ses flammes VL'ritables, J'en ai pris les témoins les plus indubitables; Et je remets, madame, au jugement de tous Si qui donne à vos gens est sans amour pour vous Et si ce tniileuient marque une âme commune.
LtCKÈCE.
Je ne m'oppose pas à ta bonne fortune ;
Mais, comme en racctqitant tu sors de ton devoir.
Du moins une autre fois ne m'en fais rien savoir.
SABINE
Mais à ce libéral que pourrai-je promettre?
LLCP.tCE.
Dis-lui que, sans la voir, j'ai déchiré sa lettre.
SADINE.
0 ma bonne fortune, où vous enfuyez-vous?
LUCFÈCE.
Mèles-y de ta part deux ou trois mots plus doux ; Conte-lui dextrement le naturel des femmes; Dis-lui qu'avec le temps on amollit leurs âmes; El l'avertis surtout des heures et des lieux Où par rencontre il peut se montrer à mes yeux. Parce qu'il est grand fourbe, il faut que je m'assure.
SAIilJE.
Ah! si vous connaissiez les peines qu'il endure. Vous ne douteriez plus si .son cœur est atteint; Toute nuit il soupire, il gémit, il se plaint.
LUCI;ÈCE.
Pour apaiser les maux que cause cette plainte, Donne-lui de l'espoir avec beaucoup de crainte; Et sache entre les deux toujours le modérer. Sans m'engager à lui ni le désespérer.
SCENi: IX
CLAUICE, LUCUÈCE, SABiXIi.
CLARICE
11 t'en veut tout de bon, et m'en voilà défaite; Mais je souffre aisément la perte que j'ai faite; Alcippe la répare, et son père est ici.
LLCIIÈCE.
Te voilà donc bientôt quitte d'un grand souci?
CURICE.
M'en Voilà bientôt quitte; et toi, te voilà prête A t'enriuliir bientôt d'une étrange conquête. Tu sais ce qu'il m'a dit.
SABINE
S'il vous mentait alors, A présent il dit vrai ; j'en réponds corps pour corps.
CLARICE
Peut-être qu'il ledit; mais c'est un grand peut-être.
LCCRÈCE.
Dorante est un grand fourbe, et nous l'a fait con- Mais, s'il continuait encore à m'en conter, [uaftre; Peut-être avec le ieuips il me fi-rait douici-.
CLARICE
Si tu l'aimes, du moins, étant bien avertie, Prends bien garde à ton fait et fais biiii ta |iarlie.
hjcrè<:e.
C'en est trop; et tu dois seulemenl présumrr Que je penche à le croire, et non pas à l'aimer.
CLARICE
De le croire à l'aimer la distance est petite : Qui fait croire ses feux fait croire son mérite ; Ces deux points eu amour se suivent de si pi>és, Que qui se croit aimée aime bientôt après.
LDCRÈCE.
La curiosité souvent dans quelques âmes
Produit le même effet que produiraient des flammes.
r.LAKlCË.
Je suis prête à te croire afin de l'obliger.
SADl.NE.
Vous me feriez ici toutes deux enrager. Voyez, qu'il est besoin de tout ce badinage! Faites moins la sucrée et changez de langage, Ou vous n'en casserez, ma foi, que d'une dent.
LUCRÈCE
Laissons là cette folle, et dis-moi cependant. Quand nous le vîmes hier dedans les Tuileries, Qu'il te conta d'abord tant de galanteries, 11 fut, ou je me trompe, assez bien écouté. Etait-ce amour alors ou curiosité?
Curiosité pure, avec dessein de rire
De tous les compliments qu'il aurait pu me dire.
LUCRÈCE
Je fais de ce billet même chose à mon tour; Je l'ai pris, je l'ai lu, mais le tout sans amour : Curiosité pure, avec dessein de rire De tous les compliments qu'il aurait pu m'ecrire.
CUABICE.
Ce sont deux que de lire et d'avoir écouté : L'un est grande faveur; l'autre, civilité; Mais trouves-y ton compte, et j'en serai ra\ie; En l'étal où je suis j'en parle sans envie.
LUCRÈCE
Sabine lui dira que je l'ai déchiré.
CLARICE
Nul avantage ainsi n'en paut être tiré. Tu n'es que curieuse.
LUCRÈCE
Ajoute à ton exemple.
ClARICE.
Soit. Mais il est saison que nous allions au temple.
LUCRÈCE, à Claiice.
Allons.
(A Sj)>ine.]
Si lu le vois, agis comme tu sais.
SABINE
Ce n'est pas sur ce coup que je fais mes essais : Je connais à tous deux où tient la maladie; Et le mal sera grand si je n'y remédie. Jlais sachez qu'il est homme à prendre sur le vert.
ACTi: V, .SCI'.\K III
Je le cioiiai.
luci;ecë.
SADlNi;.
Motions celle pluie à couvert.