‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 272 sur 788 · CI.ITON · texte numérisé non relu

CI.ITON

Vous vous rendez trop tût et de mauvaise grâce; Et cet esprit adroit, (|ui l'a dupé deux fois, Hevait eu galant homme aller jusques à trois : foules tierces, dit-on, sont bonnes ou mauvaises.

Cllion, ne raille point, que tu ne me déplaises : D'un trouble tout nouveau j'ai l'esprit agité.

CLITOX.

N'est-ce point du remords d'avoir dit vérité'.'

.'^i poiirlant ce n'est point quelque nouvelle adresse;

Car je doute à présent si vous aimez Lucrèce,

El vous vois si fertile en semblables détours,

(Jue, quoi que vous disiez, je l'entends au rebours.

DORAKTE.

Je l'aime; el sur ce point ta défiance est vaine; Mais je hasarde trop, et c'est ce qui me gène, t^i son père et le mien ne tombent point d'accord. Tout commerce est rompu, je fais naufrage au port. Et d'ailleurs, quand l'affaire entre eux serait conclue, Si;is-je M'ir que la fille y soit bien résolue? J'ai tantôt vu passer cet objet si charmant : Sa compagne, ou je meure, a beaucoup d'agrément. Aujourd hui que nies yeux l'ont mieux examinée. De mon premier amour j'ai l'âme un peu gênée : .Mon cœur entre les deux est presque partagé; Et celle-ci l'aurait s'il n'était engagé.

CLITO.S.

Mais pourquoi donc montrer une flamme si grande Et porter votre père à faire une demande?

DORiNTE.

Il ne m'aurait pas cru, si je ne l'avais fait.

CLITD.X.

Quoil même en disant vr^i , vous mentiez en effet?

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