‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 29 sur 788 · EGÉE · texte numérisé non relu

EGÉE

L'honneur de recevoir une si grande hôtesse De mes malheurs passés efface la tristesse. Disposez d'un pays qui vivra sous vos lois. Si vous l'aimez assez pour lui donner des rois; Si mes ans ne vous font mépriser ma personne, Vous y partagerez mon lit et ma couronne : Sinon, sur mes sujets faites état d'avoir. Ainsi que sur moi-même, un absolu pouvoir, .allons, madame, allons; et par votre conduite Faites la sûreté que demande ma fuite.

MÉDÉE

Ma vengeance n'aurait qu'un succès imparfait. Je ne me venge pas, si je n'en vois l'effet;

Af^TR V. SCKNf: m.

Jedoisii mon courroiiv riiour iruii si douxspeelacle. Allez, prince, cl sans moi nr craignez point d'obstacli': Je vous suivrai demain par un chemin nnnvean. Pour votre sfireté conservez cet anneau : Sa secrète vertu, qui vous fait invisil)le, lienilra votre départ de tous côtés paisible. Ici, pour eiiipéclier l'alarme i|ue le hruit De votre délivrance aurait bientôt pruchiil, In fantôme jiareil et de taille et de face, Tandis que vous fuirez, remplira votre place. Partez sans plus tarder, prince cliéri des dieux, lu quittez pour jamais ces détestables lieux.

J'obéis sans réplique, et je pars sans remise. Puisse d'un prompt succès votre grande entreprise Combler nos ennemis d'un mortel désespoir Et me donner bientôt le bien de vous revoiri

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