C1.IT0N
Je ne sais où j'en suis, et deviens tout confus. ^'e m'aviez-vous pas dit que vous ne mentiez plus?
DOUANTE.
J'ai vu sur son visage un noble caractère,
Qui, me parlant pour lui, m'a forcé de me taire.
Et d'une voix connue outre les gens de cœur
■Ma dit qu'en le perdant je me perdrais d'honneur.
J'ai cru devoir mentir pour sauver un brave homme.
CLITO.N .
Et c'est ainsi, monsieur, que l'on s'amende à Rome? 4e me tiens au proverbe; oui, courez, voyagez; Je veux être guenon si jamais vous changez : V'ous mentirez toujours, monsieur, sur ma parole. Croyez-moi que Poitiers est une bonne école: Pour le bien du public, je veux le publier; Les leçons qu'on y piend ne peuvent s'oublier.
[lÛRANTE.
J-' ne mens plus, (lliton, je t'en donne assurance; iMais en un tel sujet l'occ^ision dispense.
r.i.no.N.
Vous en prendrez autant comme vous en verrez. Menteur vous voulez vivre, .et menteur vous mour- El l'on dira de vous pour oraison funèbre : (roz ; <( C'était en menterie un auteur très-céléhre, « Qui .sut y raffiner de si digne façon, « Qu'aux maîtres du métier il en eût fait leçon: j Et qui, tant qu'il vécut, sans craindre aucune risque, 1 Aux plus forts d'après lui put donner quinze et bis-
DORANTE. [que. »
Je n'ai plus qu'à mourir, mon épiiaphe est fait. Et In m'érigeras en cavalier parf:iil :
Tu ferais violence à l'humeur la plus triste. Mais, sans plus badiner, va-l'en chercher Philisle; Donne-lui cette lettre; et moi, sans plus mentir, .\vftc les prisonniers j'irai me divertir.