SCENE IV
l'IllllSTi:, DORANTE, CLITO-V
pniListE.
Ami. notre bonheur passe notre espérance.
Vous avez compagnie'.' Ah! voyons, s'il vous plaît.
DORANTE
Laissez-les s'échapper, je vous dirai (|ui c'est, ('e n'est qu'une lingeie : allant en Italie. Je la vis en passant et la trouvai jolie; Nous fîmes connaissance; et, me sachant ici, Ijimme vous le voyez, elle en a pris souci.
PIMLISTE.
Vous trouvez en tous lieux d'assez bonnes fortunes.
DORANTE
i:elle-ci pour Ir moins n'est pas des i)lns communes.
Pini.lSTE.
fille vous semble belle, à ce compte?
DORANTE
A r.-ivir.
l-UILISTE.
Je n'en suis puint jaloux.
DURANTE
M'y \oulez-vous srrvir?
nniisTE.
.Il' suis trop maladroit pour un si noble rùle.
DORANTE
\'ous n'avez seulement qu'à dire une parole,
l'IIILlSTF.
IJn'une.
DORANTE
Non. Cette nuit j'ai promis de la voir, Sur que vous obtiendrez mon congi' pour ce soir. Le concierge est à vous.
l'IlU.ISTE.
C'est une all'aiiv faitr.
DORANTE
Quoi ! vous me refusez un mot que je smibaile?
PIIILISTE.
L'ordre, tout au contraire, en est déjà donné. Et votre esprit trop prompt n'a pas bien deviné.
Comme je vous quittais avec peine à vous croire, Unatre de mes amis m'ont conté votre histoire : Ils marcbaienl après vous deux ou trois mille pas; Ils vdus ont v\i courir, tomber le mort à bas. L'autre vous démonter, et fuir en diligence : Ils ont vu tout cela de sur une éminence. Et n'ont connu personne, étant trop éloignés. Voilà, quoi qu'il en soit, touâ nos procès gagnés. Et plus tôt de heaunoup que je n'osais prétendre. Je n'ai point perdu temps el les ai fait entendre; Si bien que, sans chercher d'autre éclaircissement. Vos juges m'ont ]iromis votre élargissement. Mais, quoiqu'il soit constant qu'on vous prend pour 11 faudra caution, et je serai. la vôtre : [un autre, Ce sont formalités que pour vous dégagîr Les juges, disent-ils, .sont tenus d'ex'ger;