I.AOXICE
Et vous voyez, madame.
Quelle fiilélité vous conserve mon âme, Et qu'ayant reconnu sa liaine et mon erreur. Le c(Pur gros de soupirs, et frémissant d'horreur. Je romps une foi due aux secrets de ma reine. Et \ous viens découvrir mon erreur et sa haine.
ROnOCLNE.
Cet avis salutaire est l'unique secours A qui je crois devoir le reste de mes jours. Mais ce n'est pas assez de m'avoir avertie; Il faut de ces périls m'aplanir la sortie; Il faut que tes conseils m'aident à repousser...
LAONICE
iMadame, au nom des dieux, veuillez m'en dispenser; C'est assez que pour vous je lui sois infidèle, Sans m'engager encore à des conseils contre elle. Oronte est avec vous, qui, comme ambassadeur, Devait de cet Iiymen honorer la splendeur; Comme c'est en ses mains que le roi votre frère A déposé le soin d'une tHe si chère, Je vous laisse avec lui pour en délibérer. (Jnoi que vous résolviez, laissez-moi l'itiMorer. Au reste, assurez-vous de l'anuiurdes deux princes: Plutôt que de vous perdre ilsperdront leurs provinces; Mais je ne réponds pas que ci' cœur inhumain Ne veuille à leur refus s'armer d'une autre main. Je vous parle en tremhlanl; si j'étais ici vue, Voire péril croîtrait, et je serais perdue. Fuyez, grande princesse, et souffrez cet adieu.
RODOGUNE
Va, je reconnaîtrai ce service en son lieu.
scèm: II
nODOOU.NK, ORONTE.
IIODOCCNE.
(.lue ferons-nous, Oronte, en ce péril extrême, Où l'on fait de mon sang le prix d'un diailème.' Fuirons-nouschezmonfrère^atlendrons-nousla mort. Ou ferons-nous contre elle un généreux effort?
OnONTE.
Notre fuite, madame, est assez difficile; J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville. Si l'on veut votre perte, on vous fait observer; Ou, s'il vous est permis eneor de vous sauver. L'avis de Laonice est sans doute une adresse : , Feignant de vous servir, elle sert sa maîtresse. La reine, qui surtout craint de vous voir régner. Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner; El, pour rompre un hymen qu'avec peine elle endure. Elle en \eut à vous-même imputer la rupture. Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits. Et vous accusera de violer la paix ; Et le roi, plus piqué contre vous (|ue contre elle.
I Vous voyant lui porter une guerre nouvelle,
' lilâmera vos frayeurs et nos légèretés, D'avoir osé douter de la foi des traités; Et peut-être, pressé des guerres d'Arménie, Vous laissera moquée, et la reine impunie. A ces honteux moyens gardez de recourir. C'est ici iju'il vous faut ou régner ou périr. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de cinn n Et l'on s'en rend indigne alors ([u'on l'abain'
r.oDocnsE.
Ah ! que de vos conseils j'aimerais la vigueui- Si nous avions la force égale à ce grand coeur! Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissés mon frère?