‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 351 sur 788 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

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Enfin, grâces aux dieux, j'ai moins d'un ennemi. La mort de Séleucus m'a vengée â demi;

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S(Jii (jinbre, en allondaiil Rodogune el son frère. Peut déjà de ma part les promettre à son père : Ils le suivront de prés, et j"ai tout préparé l'our n'unir bientôt ce que j'ai séparé.

0 toi, qui n'attends plus que la cérémonie Pour jeler à mes i)ieds ma rivale punie, Et par qui deux amants vont d'un seul coup du sort Itecevoir lliyménée et le trône et la mort, Poison, me sauras-tu rendre mon diadème? Le fer m'a bien servie, en feras-tu de même? Me seras-tu fidèle? Et toi, que me veux-tu. Ridicule retour d'une sotte vertu.

Tendresse dangereuse autant comme importune? Je ne veux point pour fils l'époux de Rodogune, Et ne vois plus en lui les restes de mon s-ifig, S'il m'arrache du trône el la met en mon rang.

Reste du sang ingrat d'un époux infidèle. Héritier d'une flamme envers moi criminelle, Aime mon ennemie et péris comme lui.

Pour la faire tomber j'abattrai son appui : Aussi bien sous mes pas c'est creuser un abîme (Jue retenir ma main sur la moitié du crime; Et, te faisant mon roi, c'est trop me négliger Que te laisser sur moi père et frère à venger. Qui se venge à demi court lui-même à sa peine : Il faut ou condamner ou couronner sa haine. Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux. Dût le Parlhc vengeur me trouver sans défense. Dût le ciel égaler le supplice à l'offense. Trône, à l'abandonner je ne puis consentir; Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir; Il vaut mieux mériter le sort le plus étrange. Tombe surn)oi le ciel, pourvu que je me venge! J'en recevrai le coup d un visage remis : Il est doux de périr après ses ennemis; Et, de quelque rigueur que le destin me traite, Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujette. Mais voici Laonice; il faut dissimuler Ce que le seul effet doit bientôt révéler.

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