‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 388 sur 788 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

: riIOCAS, IlÉnACLIlS, MAIÎTUN, rULClIliP.IE, cmoEs.

niiiCAS.

Eh bien, se rendra-t-il, madame?

rCLCUÉRIE.

Quelque effort que je fassé'à lire dans son âme,

lIËliACLlUS.

Je n'fiii vois qui; l'oflL'l ([iio ju in'ùlais iHoinis :

Je trouve trop d'un fréro, et vous tniji pou il'uii fils.

l'IlOCAS.

Ainsi le ciel vous veut enrichir do ma pCrto.

POir.iiiT.ii;.

11 tient on ma favour leur naissance couverte : Ce froro qu'il mo rond sorail d'''jà ]iordu Si dedans voire sang il ne l'eût confondu.

rlluCAS. à Puldir-ric".

Cette conlusioii peut pei'dre l'un et l'antre. En faveur do mon .sang je ferai grâce au vôtre : Mais je veux le connaître, et ce n'est qu'à ce prix Qu'en lui donnant la vie il me rendra mon fds.

(A llriacliiis.j

Pour la dernière fois, ingrat, je t'en conjure; Car enfin c'est vers toi que penclie la nature : Et je n'ai point pour lui ces doux empressements Qui d'un cu'ur paternel font les vrais mouvements. Ce cœur s'attache à toi par d'invincibles charmes. En crois-tu mes soupirs? en croiras-tu mes larmes? Songe avec quel amour mes soins t'ont élevé, Avec quelle valeur son bras t'a conservé; Tu- nous dois à tous deux.

inir.ACLius.

Et pour reconnaissance Je vous rends votre fils, je lui rends sa naissance.

l'IlOCAS. ,

Tu nie l'ôtes, cruel, et le laisse niouiir.

llÉliACLRlS.

Je meurs pour vous le rendre et p.jur le secourir.

niocAs.

C'est me l'ùter assez que ne vouloir plus l'être.

lUÎRACLUS.

C'est vous le rendre assez que le faire connaître.

l'IlOCAS.

C'est me l'ùter assez que me le supposer.

iiÉn \CLics. C'est vous le rendre assez que vous désabuser.

•' . riiocAs.

Laisse-moi mon erreur, puisqu'elle m'est si chère. Je t'adopte pour fils, accepte-moi pour père : Fais vivre lleraclius sous l'un ou l'antre sort; Pour moi, pour toi, pour lui, fais-toi ce peu d'effort.

ni-;r.*i,Lius Ah! c'en est trop enfin, et. ma gloire blessée -Dépouille un vieux respect où je l'avais forcée. De quelle ignonii'flie osez-vous me llatter? Toutes les Ibis, tyran, qu'on se laisse adopter. On veut une maison illustre autant qu'amie. On cherche de la gloire, et non de l'infamie; Et ce serait un.monsire horrible à vgs États Que le fils de .Maurice adopté par l'hocas.

niocAs.

Va, cesse d'espérer la mort que tu mérites; -.

Ce n'est que contre lui, lâche, que tu m'irrites : Tu te veux rendre en vain indigne de ce rang: Je m'en prends à la cause et j'épargne mon sang. Puisque ton amitié de ma foi se ilolie Jusqu'à prendre son nom pour lui sauver la jyie, .

Sûldals,^aiis plus larder, qu'on rimmole à ses yeux; Et sois après sa*inortmon fiisfsi tu le \fiu\.

IIÉIIACLUIS.

Perfides, arrêtez!

MAiniAN. -

Ah ! que voulez-vous faire.

Prince?

iii.iiACLirs.

Sau\or le fils do la fuiour du père.

>iai:tian.

i:oiiservoz-lui ce fils qu'il ne'chen-he (|u'oii vous; iNe troublez point un sort qui lui semble si doux. C'est avec assez d'heur qu llorarlius expire, Puisi[iie c'est en vos mains que tombe son empire. Le ciol daigne bénir votre sceptre et vos jours!

PIIOCAS. 4

C'est trop perdre de temps a souffrir ces discours. Dépèche, Octavian.

lUirACLICS,

N'attente rien, barbare?

Je suis...

PIIOCAS.

Avoue enfin.

iiriiACLius.

Je tremble, je m'égare, El mon co'ur...

rnoCAS, à lleraclius.

Tu pourras à loisir y penser.

fA Oclavi-in. i

Fraiipo.

lltP.ACLIUS.

Arrête; je suis... Puis-je le prononcer?

PIIOCAS.

Achève, ou...

IIÉHACLRS.

Je suis donc, s'il faut que je le die, -* Ce qu'il faut que je sois pour lui sauver la \ie. j

Oui, je lui dois assez, soigneur, quoi qu'il on suit. Pour vous payer pourlui de l'amourqu'il vous doil; Et je vous le promets entier, ferme, 'sincère. Et tel qu'lléraojius l'aurait pour son vrai pS'e. .^ J'accepte en sa faveur ses parents pour les miens; Mais sachez que vos jours me répondront des siens : Vous me serez garant dos hasards de la.vgnerre, ' Des ennemis sicrets, de l'éclat du tonnorre; Et, de quelque façon que le courroux dfis cieuX''' Me juive d'un ami qui m'est si précieux. Je veugoiai sur vous, et fussioz-vous mon pèrju. Ce qu'aura fait sur lui leur injuste colère.

PHOCAS. ■: )f ^ •

Ne crains rien : de tous deux je ferai mon appui r L'amour qu'il a pour toi nx'assure trop de lui : Mon co'ur pàine.de joie et mon âme n'aspire Qu'à vous associer l'un et l'autre à l'empire. J'ai retrouvé mon fils : mais sois-le loul à fait. Et doiino-m'en pour marque un véritable effot ; Ne laisse plus de place à la supercherie : Pour achever ma joie, épouse l'ulchérie.

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