‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 395 sur 788 · ACTE I, SCÈNE I crèlement. Ce cavalier, trouvant dans le village de · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I crèlement. Ce cavalier, trouvant dans le village de

Bubierra la feiiiiiie iruii pùcln'ur iiouvelloriieiit accoucliiod'un eiilaiit mort, lui donna celui-ci à nourrir, sans lui 'lire qui il élait; mais seulenieni qu'un jour le roi et la reine d'Aragon le feraient Grand lorsqu'elle leur ferait présenter par lui un i)elil éerin.tju'en niêine temps il lui donna. Le mari de cette pauvre femme était pour lors à la guerre; si bienquo. revenant au bout d'un an, il prit aisément cet enfant pour sien et l'eleva coinine s il en eût été le père. La reine ne put jamais savoir du roi où il avait fait porter son fils; et tout ce qu'elle en tira, après beaucoup de prières, ce fut qu'elle le reconnatlrait un jour, quand on lui présenterait cel écrin Où il avait mis leui's deux portraits, avec un billet de sa main et quelques autres pièces de remarque: mais, voyant qu'elle continuait toujours à en vouloir savoir davantage, il arrêta sa curiosité tout d'un coup et lui dit qu'il était mort. 11 soutint après cela celte malheureuse guerre encore troisou quatre ans, ayant toujours quelque nouveau désavantage, et mourut enlin de déplaisir et de fatigue, laissant ses affaires désespérées, el la reine grosse, à qui il conseilla d'abandonner entièrement l'Aragon et se réfugier en (bastille : elle exécuta ses ordres et y accouelia d'une fille nommée D. Elvire, qu'elle y éleva jusqu'à l'âge de vingt ans. Cependant le jeune prince D. Sanche, qui se croyait fils d'un pécheur, dès qu'il en eut atteint seize, se dérobe de ses parent-v el se jette dans les armées ilu roi de Casiille, qui avait de grandes guerres contre les Maures; et, de peur d'être connu pour-ce qu'il pensait être, il quitte le nom de Sanclie qu'on lui avait laissé et prend celui de Carlos. Sous ce faux nom, il f^ittant de merveilles, qu'il entre en grande considération auprès du roi D. Alphonse, à'qui il sauve la vie en un jourde bataille : mais, comme ce monarque était près de le récompenser, il est surpris de la mort et ne lui laisse aulre chose que les favorables regards de la reine 11. Isabelle, sa sœur et son bérilière, et de la jeune prince^e d'Aragon, 1). Elvire, que l'adnjiralipn de ses belles actions avait portées toutes deux jusques à raiiner, mais d'un amour étouffe pai«le souvenir d<' ce qu'elles devaient à la dignité de leur naissance. Lui-même avait conçu aussi de la passion pour toutes deuK, sans oser prétendre à pas une, se croyant si fort indigne d'elles. Cependant, tous les grands de Castille ne voyant point de rois wisins (lui pussent épouser leur reine, prétendant à l'envi l'un de lautre à son niariage et étant près de former une guerre ei\ ile pour ce sujet, les Étals ■!■■ v'iyaumc la supplient de choisir un mari, pour r les malheurs qu'ils en prévoyaient devoir natiii-. Elle s'en excuse conimene connaissant pas assez particulièrement le mérite de ses prétendants, et leur commande de choisir eux-mêmes les trois qu'ils en jugent les plus dignes, les assurant que, s'il se rencontre quelqu'un entre ces trois pour qui elle puisse prendre qii'l()ue inclination, elle l'épousera. Ils obéissent, el lui noujinent U. Manrique de Lare. 1). Lope de Cusman, et II. Alvar de Lune, qui, bien que passionné pour la princcs.se D. Ehire, eût cru

faire une lâcheté et offenser sa reine s'il eût rejeté l'hornienr qu'il recevait de son pays par cette nomination. D'autre côté, les Aragonais, ennuyés de la tyrannie de D. Carcie et de D. Rauiire, son fils, les chassent de Saragosse, el. les ayant assiégés dans la forteresse de Jaca, envoient des députés à leurs princesses, réfugiées en Castille, pour les prier de revenir prendre possession d'un royaume qui leur apjjartcluiii. Depuis leur départ, ces deux tyrans ayant été tués en 'la prise de Jaca, D. Raymond, qu'ils y tenaient prisonnier depuis six ans, apprend à ces peuples que D. Sanche, leur prince, était vivant, et part aussitôt pour le chercher à Dubierça, où il apprend que le pêcheur, qui le croyait son fils, l'avait perdu depuis huit ans, et l'était allé chercher en Castille, sur quelques nouvelles qu'il en avait eues par un soldat qui avait servi sous lui contre les Maures. Il pousse aussitôt de ce côté-là et joint les iléputés comme ils étaient près d'arriver. C'est par son arrivée que l'aventurier Carlos est reconnu pour le prince D. Sanche; après quoi la reine D. Isabelle se donne à lui, du conseiil'-ment même des trois que ses Etats lui avaient uumuiés; et D. Alvar eu obtient la princesse D. Elvire, qui, par cette reconnaissance, se trouve être sa sœur.

PERSONîîAGES

D. IS\rEI,I.E, reine île Cuslille.

D. LKONUI!, reine d Aragon.

D. bUVlUE, prince^se d'.'.rjgon.

Bl. \>e.nE, d;iMie d'iionneur de la reine de Castille.

C\RLOS, cavulicr inroiiiiu, qui se trouve être

It. Sanelie, roi d"Araf:on.

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