‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 443 sur 788 · CU-OME · texte numérisé non relu

CU-OME

Allale à ce dessein entreprend sa maîtresse! Mais que n'agissait Rome avant que le retour De cet amant si cher alfermtt son amour.

ARSINOÉ

Irriter un vain(jueur en tète d'une armée Prête à suivre en tous lieux sa colère allumée, C'était trop hasarder; et j'ai cru pour le mieux Qu'il fallait de son fort l'attirer en ces lieux. Métrobate l'a fait, par des terreurs paniques, Feignant de lui trahir mes ordres tyianniqucs, Et, pour l'assassiner se disant suborué.

11 l'a, grâces aux dieux, doucement amené.

Il vient s'en plaindre au roi, lui demander justice;

Et sa plainte le jette au bord du précipice.

Sans prendre aucun souci de m'en justifier,

Je saurai m'en servir à me fortifier.

Tantôt en le voyant j'ai fait de l'effrayée.

J'ai changé de couleur, je me suis écriée;

Il a cru me surprendre, et l'a cru bien en vain.

Puisque son retour même est l'œuvre de ma niain.

CVÉONE.

.Mais, quoi que Rome fasse, et qu'Attale prétende. Le moyen qu'à ses yeux Laodice se rende?

ARSiNOÉ.

Et je n'engage aussi mon lils en cet amour Qu'à dessein d'éblouir le roi, Rome et la cour.

Je n'en veux pas, Cléorie, au sceptre d'Arniénie : Je cherche à m'assurer celui de Citliynie; Et, si ce diadème une fois est à nous. Que cette reine après se choisisse un époux. Je ne la vais presser que pour la voir rebelle. Que pour aigrir les cœurs de son amant et d'elle. Le roi, que le Romain poussera vivement. De peur d'offenser Rome agira chaudement. Et ce prince, piqué d'une juste colère. S'emportera sans doute et bravera son père. S'il est prompt et bouillant, le roi ne l'est pas moins; Et, comme à I échauffer j'appliijucrai mes soins. Pour peu qu'à de tels coups cet amant soit sensible, Mon entreprise est sûre, et sa perte infaillible.

Voilà mon cœur ouvert, et tout ce qu'il prétend. Mais dans mon cabinet Flaminius m'attend. Allons, et garde bien le secret de la reine.

CLÉO.NE

Vous me connaisseztrop pour vousen metlreen peine.

Page 1