‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 45 sur 788 · II. nomiiGUE · texte numérisé non relu

II. nomiiGUE

De quoi .'

D. DltOUE.

D'un affront si cruel, (Ju'à l'honneur de tous deux il porl(! un coup morti'l ; D'un soufflet. L'insolent en ei'it perdu la vie; Mais mon âge a trompé ma généreuse envie; Et ce fer que mon bras ne peut plus soutenir, .le le remets au tien pour venger et punir. Va contre un arrogant éprouver ton courage : Ce n'est que dans le sang qu'on lave un tel ontra^ie; Meurs, ou tue. Au surplus, pour ne te point flnllcr, •Fe te donne à combattre un homnie A redouter; Je l'ai vu, tout couvert de sang et de poussière, Porter partout l'effroi dans uni' armée entière. J'ai vu par sa valeur cent escadrons rompus; Et, pour t'en dire encor quelque chose de plus. Plus que brave soldat, plus que grand capitaine. C'est...

D. r.ODRIGUE.

De gri'ice, achevez.

n. MÈGUE.

Le père de riiimiMie.

D. RODKIGIE.

Le...

n. DIÈGUC.

Ne réplique point, je connais ton amour : Mais qui peut vi\re infâme est indigne du jour; Plus l'offenseur est cher, et plus grande est l'offense. Enfin tu sais l'affront, et tu tiens la vengeance : Je ne te dis plus rien. Venge-moi, venge-toi; Montre-toi digne fils d'un père tel que moi. Accablé des malheurs où le destin me range, Je vais les déplorer. Va, cours, vole, et nous venge.

S Ci; NE VII

D. RODlîlGUH

Percé jusques au fond du cœur D'une atteinte imprévue aussi bien que morli'l Misérable vengeur d'une juste querelle, Et malheureux objet d'une injuste rigueur. Je demeure immobile, et mon âme abattue Cède au coup qui me tue.

Si près de viir mon feu récompensé,

0 Dieu, l'élrange peine!

En cet affront mon père est l'offensé, Et l'offenseur le père de Chimène!

Que je sens de rudes combats! Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse : Il faut venger un père, et perdre une maîtresse. L'un m'anime le cœur, l'autre retient mon bras. Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,

Ou de vivre en infâme, , ,

Des deux' côtés mou mal est inlini.

Hayalos pi

juaBcuara pcrc sc.

11 SDio

Ne difîère donc plus ce cpie llioiineur VordoBBc Il demande ma lète. e^ je te l'aliandonne :

l'iiblié par Pumc .i P.iris

ACTR 11, SCI'NF: 1.

0 Dion, IViranfco peine!

Faut-il lai>ser un iiflVont iininiiii?

Faut-il luiiiii' le père de Cliiniéne?

Père, iiKiîli'osse, honneur, anioiii', Noble et lUire contrainte, aimable tyrannie, Tous mes plaisirs sont tnoris, ou ma gK ire ternie. L'un me rend mallieuieux. l'autre indigne du jmu' Cher et cruel espoir d'une àrne généreuse, Mais ensemble amoureuse.

Digne ennemi de mon plus grand bonheur.

Fer qni causes ma peine, M'es-lu donné pour venger mon honneur?

M'es-tu donné pour perdre ma Chiméne?

11 vaut mieux courir au trépas.

Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mou père ; J'attire en me vengeant sa haine et sa colère; J'attire ses mépris en ne me vengeant pas. A mon plus doux espoir l'un me rend infidèle, Et l'autre indigne d'elle.

Mon mal augmente à le vouloir guérir:

Tout redouble ma peine.

Allons, mou âme; et, puisqu'il faut mourir, Mourons du moins sans offenser Chiméne.

Mourir sans tirer ma raison !

Bechercher un trépas si mortel à ma gloire, Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire D'a\oir mal soutenu l'honneur de ma maisoni Itespecter un amour dont mon àuie égarée Voit la perte assurée!

N'écoutons plus ce penser suborneur

(Jui ne sert qu'à ma peine.

Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur, Puisque après tout il faut perdre (^hiniène.

Oui, mon esprit s'était déçu.

Je dois tout à mon père avant ([u'à ma maîtresse: Que je meure au combat, ou meure de tristesse, Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu. Je m'accuse déjà de trop de négligence; Courons à la vengeance; Et, tout honteux d'avoir tant balancé.

Ne soyons plus en peine.

Puisque aujourd'hui mon père est l'offensi'', Si l'olTeiiseur est jiére de Chiméne.

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