‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 477 sur 788 · ACTE V, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IX

Rln'is ne ppriTifltez pas qii"ellft lions y coiitr:nt,nii'; l'iciulez-moi voire aiiioiir, aCm (luoili' vous craigne; l'anionncz à ce peuple un peu trop de clialeur (Ju"à sa compassion a dimné luuu inallunir; l'ardonnez un Ibrfail qu'il a cru nécessaire, Et qui ne produira qu'un effet salutaire.

Faites-lui grâce aussi, madame, et permettez (Jue jusques au tombeau j'adore vos bontés. Je sais par quel motif vous m'êtes si contraire : Votre amour maternel veut voir régner mon frère; Et je coniribuerai moi-môme à ce dessein Si vous pouvez souffiir qu'il soit roi de ma main. Oui, l'Asie à mon bras offre encor des conquêtes, Et pour l'en couronner mes mains sont toutes prèles : (iomniandez seulement, choisissez en qnels lieux; Et j'en apporterai la couronne à vos yeux.

AnsiNoi:.

Seigneur, faut-il si loin pousser votre victoire, Et qu'ayant en vos mains et mes jours et ma gloire, La haute ambition d'un si puissant vainqueur Veuille encor triompher jusque deilans mon cœur? Contre tant de vertu je ne puis le défendre: Il est impatient lui-nièmc de se rendre. Joignez cette conquête à trois sceptres conquis. Et je croirai gagner en vous un second fils.

PRIJSIAS.

Je me rends donc aussi, madame; et je veux croire Qn'avoir un fils si grand est ma plus grande gloire, .■^lais. pai-mi les douceurs qu'enfin nous recevons, l'aites-nous savoir, prince, à qui nous vous devons.

MCOMÈIIK.

L'auteur d'un si grand coup m'a caché son visage; .Mais il m'a demandé mon diamant pour gage, Et me le doit ici rapporter dès demain.

ATTALE

Le voulez-vous, seigneur, reprendre de ma main'.'

MCOMÉDE.

Ah I laissez-moi toujours à cette digne marque

Iteconnaftre en mon sang un vrai sang de monarque. Ce n'est plus des Humains l'esclave ambitieux, C'est le libérateur d'un sang si précieux. Mon frère, avec mes fers vous en brisez bien d'autres, Ceux du roi, de la reine, et les siens et les vôtres. Mais pourquoi vous cacher en sauvant tout l'État?

ATTALE

Pour voir votre vertu dans son plus haut éclat;

Pour la voir seule agir contre notre injusiice,

Sans la préoccuper par ce faible service; .

Et nie venger enfin ou sur vous ou sur moi.

Si j'eusse mal jugé de tout ce que je voi.

Mais, madame...

AnsrNOÉ. 11 suffit; voilà le stratagème Que vous m'aviez promis pour moi contre moi-même

(A ÎSicomèile.)

El j'ai l'esprit, seigneur, d'autant plus satisfait. Que mon sang rompt le cours du mal que j'avais fait.

MCUMÈDE, à Flaminius.

Seigneur, à découvert, toute âme généreu.se D'avoir votre amitié doit se tenir heureuse; Mais nous n'en voulons plus avec ces dures lois Qu'elle jetle toujours sur la tête des rois : *

Nous vous la demandons hors de la servitude; Ou le nom d'ennemi nous semblera moins rude.

FLAJilMUS, ù Nicomècl.-.

C'est de quoi le sénat pourra délibi'rer Mais cependant pour lui j'ose vous assurer, Prince, qu'à ce défaut vous aurez son estime. Telle que doit l'attendre un conir si magnanime; Et qu'il croira se faire un illustre ennemi. S'il ne vous reçoit pas pour généreux ami.

rRusiAS.

Nous autres, réunis sous de meilleurs auspices, Préparons à demain de justes sacrifices; Et demandons aux dieux, nos dignes souverains. Pour comble do bonheur, l'amitié des lloniains.

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