‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 504 sur 788 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

POMPÉIS. PEnPENNA, VIRÎATE, ARISTIE, CELSUS,

AUCAS, TllAMtUE.

rERrENXA.

Seigneur, vous aurez su ce que je viens de faire. Je vous ai de la paix immolé l'adversaire, L'amant de votre femme et ce rival fameux Qui s'opposait partout au succès de vos vœux. Je vous rends Arislie et finis cette crainte

Dont votre àme tantôt se montrait trop atteinte;

Et je vous affranchis de ce jaloux ennui

Qui ne pouvait la voir entre les bras d'aulrui.

Je fais plus; je vous livre une fière ennemie, Avec tout son orgueil cl sa Lusitanie; Je vous en ai fait maître, et de tous ces Homaias (Juc déjà leur bonheur a remis en vos mains. Comme en un granddessein, etquiveutproiiiptitude, On ne s'explique pas avec la multitude, Je n'ai point cru, seigneur, devoir apprendre à tous Celui d'aller demain me rendre auprès de vous; Mais j'en porte sur moi d'assurés témoignages. Ces lettres de ma foi vous seront de bons gages; Et vous reconnaîtrez, par leurs perfides traits, (Combien Rome pour vous a d'ennemis secrets. Oui tous, pour Aristie, enflammés de vengeance, .\vec Sertorius étaient d'intelligence.

Lisez. «

11 lui donne les lettre

qu'ArislJe avait apportées de Ftonie Sertoriu;».

• AIUSTrE.

Quoi, scélérat! quoi, lâche! oses-tu bien..

l'EBl'ENJiA.

Madame, il est ici votre maître et le mien; Il faut en sa présence un peu de modestie, Et, si je vous oblige à quelque repartie, La faire sans aigreur, sans outrages mêlés. Et ne point oublier devant qui vous parlez.

Vous voyez là, seigneur, deux illustres rivales. Que cette perte anime à des haines égales. Jusques au dernier point elles m'ont outragé; Mais, puisque je vous vois, je suis assez vengé. Je vous regarde aussi comme un dieu tutélaire; Et ne puis.... Mais, ô dieux! seigneur, qu'allez-vous

[faire?

rOMPÉE, npi'i's avojr bi'ûlé les lettres sans les lir^

Montrer d'un tel secret ce que je veux savoir. Si vous m'aviez connu, vous l'auriez su prévoir.

Rome en deux factions trop longtemps partagiée N'y sera point pour moi de nouveau replongée; Et, quand Sylla lui rend sa gloire et son honneur. Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur. Oyez, Celsus.

{\\ lui parle à l'oreille.)

Surtout empêchez qu'il ne nomme Aucun des ennemis qu'elle m'a faits à Rome.

(A Perpenna.) Vous, suivez ce tribun; j'ai quelques intérêts Qui demandent ici des entretiens secrets.

PERl'ENNA.

Seigneur, se pourrait-il qu'après un tel service...

J'en connais l'importance et lui rendrai justice. Allez.

PERPENNA

Mais cependant leur haine...

ru.MPÉE.

C'est assez.

Je suis maître; je parle; allez, obéissez.

Ani; V, sccNE VIII.

SCÏ:NE Y!I '

roMi'KE, viniATi:. auisti;;. niAMir.E. aucvs.

l'ojifi't:.

Ko vous oflonsoz pas d'ouïr parler eu luai'liv. Grande reine; ce n'est que pour punir un traître

Criminel envers vous d'avoir trop écouté L'insolence où montait sa noire làclieté, J'ai cru devoir sur lui prendre ce haut empire Tour me justifier avant que vous rien dire : Mais je n'aliuse point d'un si facile accès, Et je n'ai jamais su dérober njes succès. [lève,

linéique appui que son crime aujourd'hui vous en- Je vous offre la paix et ne romps point la trêve; Et ceux de nos Romains qui sont auprès de vous l'euvent y demeurer sans craindre mon courroux.

Si de quelque péril je vous ai garantie. Je no veux pour tout prix enlever qu'.\rislie, A qui devant \os yeux, enfin maître de moi, Je. rapporte avec joie et ma main et ma foi. Je ne dis rien du cœur, il tint toujours pour elle.

Page 1