‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 522 sur 788 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GALBA, CAMILLE, ALBIANE.

Quand la mort de mes fils désola ma famille, .Ma nièce, mon amour vous prit dés lors pour fille; Et, regardant en vous les restes de mon sang. Je flattai ma douleur en vous donnant leur rang. Rome, qui m'a depuis chargé de son empire. Quand sous le poids de l'âge à peine je respire, .\ vu ce même amour me le faire accepter, .Moins pour me seoir si haut que pour vous y porter, ?i'on que, si jusque-là Rome pouvait renatire. Qu'elle fût en élat de se passer de maître, Je ne me crusse digne, en cet heureux moment, De commencer par moi son rétablissement : -Mais cet empire immense est trop vaste pour elle : A moins que d'une tète un si grand corps chancelle; El pour le nom des rois son in\ incible horreur S'est d'ailleurs si bien faite aux lois d'un empereur. Qu'elle ne peut souffrir, après cette habitude, .^'i pleine liberté ni pleine servitude. Elle veut donc un maître, et iVéron condamné Fait voir ce qu'elle veut en un front couronné. Vindex, Rufus, ni moi, n'avons causé saiierte;- Ses crimes seuls l'ont faite; et le ciel l'a soufferte. Pour marque aux souverains qu'ils doivent par l'effet Répondre dignement au grand choix qu'il en fait. Jusques à ce grand coup, un honteux eschnage D'une seule maison nous faisait l'héritage. Rome n'en a repris, au lieu de liberté, Qu'un droit de mettre ailleurs la souveraineté; Et laisser après moi dans le troue un grand homme. C'est tout ce qu'aujourd'hui je puis faire pour Rojne.

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