‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 530 sur 788 · TI · texte numérisé non relu

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La lioiite di' so voir sans l'empire et sans vous? Ilonle d'aulaiil j)liis ^;ranilii et d'autant plus si'ii'ihlo, Qu'elle s'y pronn'llait nu l'ctonr inCailliljle, Et que sa main par vous croyait tôt ref,'agncr Ce que son cœur pour vous paraissait dédaigner!

OTIIOK.

.le n"ai donc qu'à mourir. Je l'ai voulu, madame, (Juand je l'ai pu sans crime, en faveurde ma llanime; Et je le dois vouloir, quand votre arrêt cruel Pour mourir justement m'a rendu criminel. Vous m'avez commandé de m'offrir à Camille; Grâces à nos ujalheurs ce crime est inutile. Je mourrai tout à vous; et, si pour obéir J'ai paru mal aimer, j'ai semblé vous trahir, 3Ia main, par ce même ordre à vos yeux enhardie. Lavera dans mon sang ma fausse perfidie. N'enviez pas, madame, à mon sort inhumain La gloire de linir du moins en vrai Romain, Après qu'il vous a plu de me rendre incapable Des douceurs de mourir en amant véritable.

l'LAUTINi;.

Bien loin d'en condamner la noble iiassion, J'y veux borner ma joie et mon ambition. Pour de moindres malheurs on renonce à la vie. Soyez sur de ma part de l'exemple d'Arrie; J'ai la main aussi ferme et le cœur aussi grand. Et, quand il le faudra, je sais comme on s'y prend. Si vousdaigniez, seigneur, jusque-là vonscontraindre, l'evit-ètre espérerais-je en voyant tout à craindre. (Camille est irritée et se peut apaiser.

OÏIIO.N.

Me condamneriez-vous, madame, à l'épouser?

^ PLAUTINE.

Que n'y puis-je moi-même opposer ma défense! Biais, si vos jours enfin n'ont point d'autre assurance. S'il n'est point d'autre asile...

OTUOX.

Ah ! courons à la mort; Ou, si pour l'i'viter il nous faut faire effort, Subissons de Lacus toute la tyrannie, Avant que me soumettre à celte ignominie J'en saurai préférer les plus barbares coups A l'affront de me voir sans l'empire et sans vous. Aux hontes d'un hymen qui me rendrait infâme. Puisqu'on fait pour Camille un crime de sa flamme. Et qu'on lui vole un trône en haine d'une foi Qu'a voulu son amour ne promettre qu'à moi. [mes; Aon que pour moi sans vous ce trône eilt aucuns char- Pour vousje lecherchais, mais nonpassansalarmes : Et, si tantôt Galba ne m'eût point dédaigné, J'aurais porté le sceptre, et vous auriez régné; Vos seules volontés, mes dignes souveraines, D'un empire si vaste auraient tenu les rênes. Vos lois...

PLADTIXE.

C'est donc à moi de vous faire empereur. Je l'ai pu : les moyens d'abord m'ont fait horreur; î^laisjc saurai la vaincre, et, me donnant moi-même. Vous assurer ensemble et vie et diadème.

Et réparer par là le crime d'un orgueil

Qui vous dérobe un Irône et vous ouvre un cercueil.

De .Martial! pour vous j'aurais eu le suffrage

Si j'avais pu souffrir son insolent hommage.

Son amour...

OTFIOX.

Martian se connaîtrait >i [leu.

Que d'oser...

riAuirsE.

11 n'a pas encore éteint son feu; Et, du choix de Pison quelles que soient les causes, Je n'ai qu'à dire un mot pour brouiller ))iendes choses.

(ITIIOM.

Vous vous ravaleriez jusques à l'écouler?

l'LAUIlSE.

Pour vous j'irai, seigneur, jusques à l'accepler.

(JIUO.N.

Consultez votre gloire, elle saura vous dire...

l'LAlTI.NE.

Qu'il est de mon devoir de vous rendre l'empire.

OIIIOX.

Qu'un front encor marqué des fers qu'il a portés...

rlAUTINE.

k droit de me charmer, s'il fait vos sûretés.

IlIIIfIX.

En concevez-vous bien toute l'ignominie?

l'LACTINE.

Je n'en puis voir, seigneur, à vous sauver la vie.

OIIIO.N.

L'épouser à ma vue! et, pour comble d'ennui...

PLADT[XE.

Donnez-vous à Camille, ou je me donne à lui.

oTiro.v.

Périssons, périssons, madame, l'un pour l'autre. Avec toute ma gloire, avec toute la vôtre. Pour nous faire un trépas dont les dieux soient jaloux, Rendez-vous toute à moi, comme moi tout à vous; Ou si, pour conserver en vous tout ce que j'aime. Mon malheur vous obstineà a ous donnervous-même. Du moins de votre gloire, ayez un soin égal, Et ne me préférez (ju'un illustre rival. J'en mourrai de douleur; mais je mourrais de rage Si vous me préfériez un reste d'esclavage.

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