‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 588 sur 788 · L'ILLUSION COMIQUE · texte numérisé non relu

L'ILLUSION COMIQUE

coMiiniE LN vi;i\s E.v ci-nq actes. — IG;g.

« Voici un étrange monstre que je vous dédie. L' premier acte n'est qu'un prologue, les trois sut-

EXA.MKN AN AI, Y Tl nu IL

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vaiitri font iino coiin'die imparfaite, le di'iiiii'i- i^sl uiio tragi'iiic, t't tout ct'hi cuuiii eiiscuiljii' lait uni' cuiiR'clie. (Ju'on (mi noiiimu riiivention bizarre et rxtiava.naiito tant qu"oii voudra : elle est imuvelle; et souvent la grâce de la nouveauté, parmi nos l-"raneais, n'est pas un petit dej!;ré de honh'. Son succès ne in"a [luint fait honte sur le tliéàlre. »

Corneille, (/f/i/d'c' dolicdloiii:.)

ACTK rr,i:Mii:ii

l'ridaniant ne sait ce qu'est devenu son fils; Do- T.iiite son ami l'aniéne à la groite d'Alcandro, et, en iUeudant l'arrivée du magicien. lui dit :

Il Millir.» pour vous qu'il lit ihins les [>cnsi'cs, Ou'il Lonii;iîl l'avonir ol les cliosos passôes; r.ieii n'est secret pour lui dans Ion! cet imlvors, Et pour lui nos destins sont des livres uuvei'ls Moi-nième, ainsi que vous, je ne pouvais le croire; Mais, silôl qu'il nie vit, il me ilil mon liistoire; tt je lus étonné d'entendre le discours Des Ir.iils les plus cachés de toutes mes amours.

Alcandi'e arrive; Dorante lui présente Pridamant. à qui le sorcier reproche sa sévérité envers son fils. Pridaniaiit convient de ses torts et témoigne le pins vif désir de les faire oublier. Après lui avoir promis qu'il reverra l'objet de sa sollicitude, Alcaiidre donneun coup de baguette: uu rideau se tir-^ et laiis? voir de magnifiques habits.

.lunez de votre lils par un tel équipage.

Tour mettre le comble à la surprise de Pridaiiiant, le magicien ajoute :

Toutefois, si votre âme était assee liardie, .'^oiis une illuïion vous pourriez voir sa vie lit tous ses accidents devant vous e.\|)rimés Par des spectres pareils à des corps animés : Il ne leur manquera ni geste ni parole.

Pridaniaiit accepte, et Dorante les laisse seuls.

ALCANIIIII;.

Votre fils tout d'un coup ne l'ut pas f^rand scii^ncur;

Tontes ses actions ne vous l'ont pas honneur;

Et je serais marri d'exposer sa misère

Kn spectacle à des yeux autres que cent d'un père.

Il vous prit quelque argent ; mais ce petit bulin A peine lui dura du soir jusqu'au malin; F.t pour'^agncr Paris il vendit pai; la plaine llev hrevets à chasser la lièvre et la mi^'iaine, Dit la hnunc avenlure, et s'y rendit ainsi. l,à, couuiie on vit d'esprit, il en vécut aussi. Dedans Saint-Innocent il se lit secrét.iire ; .^près, moulant d'élat, il l'ut clerc d'un notaire; l'jinuyé de la plume, il le quitta soudain, Kt fit danser un sinïïje au faubourg Saint-Germain. il se mit sûr la rime, et l'essai de sa leinc Enrichit les chanteurs delà Samaritaine; Sou style prit après de plus beaux ornements. Il se hasarda même à faire des romans. Des chansons pour Gautier, des iMiiule^ pour Guillaume. Depuis, il Iraliqua de «Èapelels, de baume, lendit du milhi'idalc en inaîire opérateur,

l'cviiit ilins le Palais, et fut solliciliur. Enlin, jamais Uuscon, Lazarille de Tliormes, Sayavedrc, et Guznian, ne prirent tant de formes.

II poursuit cette énunn'iation, et annonce que le j.Mine homme est auprès d'un noble gascon, de la bourse et de la maîtresse duquel il dispose, sous le nouveau nom de (llindor de la .Montagne. Enfin il sort en disant qu'il va tout prépaier jjour l'ap]).!rilion magique.

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