ACTE PI'.E-MIRP
Par un traité conclu entre Artabase, roi d'.-\rniénie, et Orode, roi des Partbes, Eurydice, fille du premier de ces deux princes, doit épouser Pacorus, lils du second. Cependant elle aime Suréna. lieutenant d'Oiode et général de l'armée des Parihes contre 1!rassus. et apprend à sa conlidenle Orméne que cet amour naquit lorsque, au nom d'Orode et de Rome, Suréna et Cassius vinrent en raêine temps briguer l'appui de son père.
Tous deux ainsi qu'iui roi ine rcnitirent visite,
El j'eu counus liienlùl le illtïérent niéiile.
L'un lier, et loul gonll..^ ilun vieux mépris «les rois,
Senilibil pour coniplinienl nous iippoilcr des lois ;
L'aulrc. p.ir les devoirs d'un ri'spect légitime,
Vengeait le scej>lre en nous de ce manque d'estime.
Les conseils de la princesse en faveur de l'ambassadeur des Partbes ne furent point écoutés, Suréna n'emporta qu'un dur refus; mais, ajoutc-t-elle,
Noire adieu ne fut point un adieu d'ennemis.
Vainqueur, Orode a offert la pai\, et c'est alors <iu'est intervenu le falal traité'. I^cpendaiit Eurydice a d'autres causes de cliagrins; Orode fait venir sa tille Mandane, et elle craint qu'il ne la destine à Suréna.
Palniis, so^ur de Suréna, qui ignore l'amour mutuel d'Eurydice e'. de son frère, vient annoncer avec joie l'arrivée de Mandane. — Les inquiétudes de la
princesse redoublent: elle s'informe de l'effet que cette nouvelle a produit sur son amant, et finit pai confier ,-1 l'almis ce que celle-ci ignorait coinplélemeiit. En retour. Pal mis avoue d Eurydice que naguère Pacorus lui avait jiromis sa foi, révélation qui ne fait iprauginenter la répugnance de celle-ci pour ré|Kiux ijui lui est destiné. Enfin, revenant à son amour pnur Suréna, la ])iincosse force Palmis à lui répéter (|ue celui du général partlie reste le même, malgré l'obstacle qui s'élève entre eux.
Suréna entre; il renouvelle les protestations de sa tendresse, et Eurydice lui en demande une nouvelle preuve : c'est de ne point épouser Mandane :
N'ajoutez poinl, seii;neur, à des niallicurs si grands. Celui de vous unir au sang de mes tyrans ; De remelire en leurs mains le seul liieu qui me reste. Voire cœur: un tel don me serait trop lunestc.
Suréna jure de ne former aucun lien, puisqu'il ne peut apjiartenirà Eurydice; mais, par un généreux retour, elle ne veut pas l'empêcher de donner au monde des neveux dignes de lui. Suréna réplique.
OuG tout meure avec moi, madame! que m'importe Oui loule après ma mort la lerre qui nie porte? Sentiront-ils percer par un éclat nouveau, Ces illuslres .licux, la nuit de leur tnndicau? lîespireront-ils l'air où les l'eiont revivre (les neveux qi4- peut-être, auront peine à les suivre, l'eut-êlre ne l'eroiU que les désiionorer. Et n'en auront le sang que pour dégénérer?