SCENE VI
Œ.NARIS, .VniANE, riRITIlOUS, >ÉaiNE, ARCAS. lENARUS.
Je ne viens point, madame, opposer à vos plaintes De faux raisonnements ou d'injustes contraintes; Je viens vous protester que tout ce qu'en ma cour....
ahuxe.
Je sais ce que je dois, seigneur, à votre amour; Je connais même à quoi ma parole m'^engagc : Hais...
ŒNAr.US.
A vos déplaisirs épargnons celte image.
Vous répondriez mal d'un cœur...
Af.lANE.
Comment, hélas!
liépondrais-je de moi? Je ne me connais pas.
(ENARUS.
Si du secours du temps ma foi favorisée
Peut mériter qu'un jour vous oubliiez Thésée...
ARIANE
Si j'oublierai Thésée? Ah dieux! mon lâche cœur Nourrirait pour Thésée une honteuse ardeur! Thésée encor sur moi garderait quelque empire! Je dois haïr Thésée, et voudrais m'en dédire ! Oui. Thésée à jamais sentira mon courroux;
Et, si c'est pour \os vo-ux quelque chose de doux. Je jure par les dieux, par ces dieux qui peut-être S'uniront avec moi pour me venger d'un traître. Que j'oublierai Thésée: et que, po\ir m'émouvoir. Remords, larmes, soupirs, manqueront de pouvoir.
rntiTNOUs.
Madame, si j'osais...
AllIAXE.
Non, parjure Thésée, Ne crois pas que jamais je puisse être apaisée; Ton amour y ferait des efforts superflus. Le plus grand de mes maux est de ne t'aimer plus : Mais, après ton forfait, ta noire perfidie, Pourvu qu'à te gêner le remords s'étudie, Qu'il te livre sans cesse à de secrets bourreaux, C'est peu pour- m'étonner que le plus grand dej J'ai trop gémi, j'ai trop pleuré tes injustices: (maux. Tu m'as bravée : il faut qu'à ton tour tu gémisses. Mais quelle est mon erreur! Dieux! je menace en l'air. L'ingrat se donne ailleurs quand je crois lui parler. Il goûte la douceur de ses nouvelles chaînes. Si vous m'aimez, seigneur, suivons-le dans Athènes. Avant que ma rivale y puisse triompher, Partons; portons-y plus que la flamme et le fer. Que par vous la perfide entre mes mains livrée Puisse voir ma fureur de son sang enivrée. Par ce terrible éclat signalez ce grand jour. Et méritez ma main en vengeant mon amour.
ŒNARUS
Consultons-en le temps, madame, et, s'il faut faire...
Ar.IA>E.
Le temps ! mon désespoir souffre-t-il qu'on diffère? Puisque tout m'abandonne, il est pour mon secours Une plus sûre voie et des moyens plus courts.
Elle se jette sur l'épée de Piritlioiis.)
Tu m'arrêtes, cruel!