‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 719 sur 788 · SI · texte numérisé non relu

SI

i.E FcsTiN im: l'icnnE.

Je ii'ui point la veu' trouble, et c' n'est point jeu

[pour rire.

C'est là dezonime. Point, c'm'a-t-i fait, c' n'en est pas, l'iarrot, t'as la bailue. Oh! j'ai c" que Ui voudras, Ç'ai-je lait; mais gageons que j' n'ai point la barlne, Elqu' ça qn'on voit là-bas, ç'ai-je fait, qui remue, C'est de zomme, vois-tu, qui nageont varsici. Gag' que non, c' nia-t-i fait. Oh! margué, gag' que si. Dix sous. Oh! c' m'a-t-i fait, je le veux, bian, niar-

[guienne; Quicn, mets argent su jeu, v'Ià le mien, palsangnii'n- Je n'ai fait là-dessus l'étourdi, ni le fou, [iw.

J'ai bravement bouté par tarre mé dix sou. Quatre iiiéce tapée, et le restant en double : Jarnigué, je varron si j'avon la veu" trouble, Ç'ai-je fait, les boutant... plus hardiment enfin Que si j'eusse avalé queuque varre de vin; Carj' sis hasardeux, moi: qu'en me mette en boutade. Je vas, sans tant d' raisons, tout à la débandade. Je savas bian pourtant c" que j'faisas d'en par là : \lueuque niais! Enfin don, j' non pasputùl mis, v'ià Que j' voj'ons tout à plain corn' deu zomme à la nage Nous faision signe; et moi, sans rien dir" davantage, De prendre le zenjeux. Allon, Gros-Jean, allon, Ç'ai-je fait, vois-tu pas comme i nou zappelon? I s' vont nayer. Tant mieux, c' m'a-t-i fait, je m'en

[gausse,

I m'ant fait pardre. Adon, le tirant par lé chausse, J' l'ai si liian sarmonné qu'à la parfin vars eux J'avon dans une barque avironné tou deux;

Et pis, cahin caba, j'on tant fait, que je somme Venus tout contre; et pis j' les avons tirés, comme Ils aviont quasi bu déjà pu que de jeu. Et pisj' le zon dieu nous menés auprès du feu, Où je r zon vus tou nus sécher leu zoupelande; Et pis il en est v'nu deux autres de leu bande. Qui s'équian, vois-tu bian, sauvés tous seuls; et pis .Mathurine est venue à voir leu biau zabits; Et pis i liont conté qu'ai n'était pas tant sotte. Quai avait du malin dans l'œil; et pis, Charlotte, Vlà tout com' ça s'est fait pour te 1' dire en un mot.

CIIAHLOTTE.

Et ne m' disais-tu pas qu' glien avait un, Piarrot, Qu'était bian pu mieux fait que tretous?

rlERROT.

C'est le maître, Queuque bian gros monsieur, dé pu gros qui puiss.' Car i n'a que du dor par ilâ, par ici ; [être ;

Et ceux qui le sarvont sont dé monsieus aussi. Slanpendant, si je n'eûme été là, palsanguienne,

II en tenait.

CH.1RL0TTE

Ardé ' un peu.

PIERROT

Jamais, marguienne, Tout gros monsieu qu'il est, il n'en fût revenu.

' .\)jicïiailon Je regarder.

CIIARIOITE.

Et cbeu toi, dis, Piarrot, est-il encor tout nu?

lltRROT.

Nannain : tout devant nou, qui le regarJion faire, I lavon rhabillé. .Moiiguieu, combian d'affaire! J' n'avais \u s'habiller jamais de courtisans. Ni leu z.'ingingorniaux : je me pardrais dedans. Pour lé zy faire entré, comme n'en lé balolte! J'élas tout ébobi de voir ça. Quien, Charlotte, Quand i sont zbabillés y vous zan tout à point De grands cheveux touffus, mais qui ne ti'nont point A leu tète, et pis v'ià tout d'un coup qui l'y passe, I boutont ça tout comme un bonnet de filasse. Leu chemise, qu'à voir j'étas tout étourdi, Ant dé manche, où tou deux j'entrerions tout brandi. En de glieu d'haut de chausse ils ant sarlaine histoire Qui ne leu vient que là. J'auras bien de quoi boire, Si j'avas tout l'argent dé lisets de dessu. Glien a tant, glien a tant, qu'an n'en. saurait voir pu.

I n'ant jusqu'au collet, qui n' va point en darriére, Et qui leu pen devant, bâti d'une manière

Que je n' te 1' saurais dire, et si j' l'ai \ u de près;

II ant au bout dé bras d'autres petits collets, Aveu des passements faits de dentale blanche. Qui, veniant par le bout, faison le tour dé manche.

CnARLOTTE.

I faut que j'aille voir, Piarrot.

riErji'jT.

Oh! si te plaît, J'ai queuqu" chose à te dire.

CIIAP.LOTTE.

Eh bian, disquesque c'est?

PIERROT

Vois-tu, Charlotte, i faut qu'aveu toi, com' s' dit l'au- Je débonde mon cœur, il irait trop du nôtre, [Ire, Quand je somme pour être à nou deux tou de bon. Si je n me plaignas pas.

CIURLOIIE.

Quement? Quesqu'iglia don?

PIERROT

Iglia que franchement tu me cbagraignes l'àme.

CIURLOTIE.

Et d'où vient?

riEr.r.ûT.

Tatigué, tu dois être ma feniQîe, Et tu ne m'aimes pas.

CUABLOTTE.

Ah ! ah ! n'est-ce que ça?

PIERROT

Non, c' n'est qu' ça; stanpendant c'est bian assez.

CHARLOTTE. [Vian çà.

Monguieu! toujou, Piarrot, tu m'dis la mémechoîe.

PIERROT

Si j' te la dis toujou, c'est toi qu'en es la cause; Et si tu me faisais queuquefouas autrement, J' te diras autre chose.

CHARLOTTE

Appren-moi donc quement Tu voudrais que j' te Cs.^e.

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