‹ Œuvres de P. et Th. CorneilleChapitre 83 sur 788 · D. SANCHE · texte numérisé non relu

D. SANCHE

Sire, un peu trop d'ardeur malgré moi l'a déçue : Je venais du combat lui raconter l'issue. Ce généreux guerrier, dont son cœur est charmé, . (I Ne crains rien (in'a-t-il dit), quand il m'a désarmé: « Je laisserais plutôt la victoire incertaine « Que (ie répandre un sang hasardé pour Chimène : « Mais, puisque mon devoir m'appelle auprès du roi. « Va de notre combat l'entretenir pour moi, « De la part du vainqueur lui porter ton épée. n Sire, j'y suis venu : cet objet Pa trompée ; Elle m'a cru vainqueur, me voyant de retour. Et soudain sa colère a trahi son amour Avec tant do transport et tant d'impatience, Que je n'ai pu gagner un moment d'audience. Pour moi, bien que vaincu, je me répute heureux; Et, malgré l'intérêt de mon cœur amoureux. Perdant infiniment, j'aime ericor ma défaite, Qui fait le beau succès d'une amour si parfaite.

D. FEP.NAND.

Ma fille, il ne faut point rougir d'un si beau feu.

Ni chercher les moyens d'en faire un désaveu;

Une louable honte en vain t'en sollicite;

Ta gloire est dégagée, et ton devoir est quitte;

Ton père est satisfait, et c'était le venger

Que mettre tant de fois ton Rodrigue en danger.

Tu vois comme le ciel autrement en dispose.

Ayant tant fait pour lui, fais pour toi quelque chose,

Et ne sois point rebelle à mon commandement

Qui te donne un époux aimé si chèrement.

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