‹ Œuvres de Paul VerlaineChapitre 51 sur 55 · L'AMOUR PAR TERRE · texte numérisé non relu

L'AMOUR PAR TERRE

Le vent de l'autre nuit, a jeté bas l'Amour

Qui, dans le coin le plus mystérieux du parc,

Souriait en bandant malignement son arc,

Et dont l'aspect nous fit tant songer tout un jour

Le vent de l'autre nuit l'a jeté bas ! Le marbre Au soufHe du matin tournoie, épars. C'est triste De voir le piédestal, où le nom de l'artiste Se lit péniblement parmi l'ombre d'un arbre.

Oh ! c'est triste de voir debout le piédestal Tout seul ! Et des pensers mélancoliques vont Et viennent dans mon rêve oià le chagrin profond Évoque un avenir solitaire et fatal.

Oh ! c'est triste ! — lit toi-même, est-ce pas ? es touchée D'un si dolent tableau, bien que ton oeil frivole S'amuse au papillon de pourpre et d'or qui vole Au-dessus, des débris dont l'allée est jonchée.

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