‹ Œuvres de Pierre CurieChapitre 115 sur 166 · CONDUCTIBILITÉ DES DIÉLECTRIQUES LIQUIDES · texte numérisé non relu

CONDUCTIBILITÉ DES DIÉLECTRIQUES LIQUIDES

On peut alors considérer la conductivité provoquée dans divers liquides par le rayonnement d'un sel de radium agissant dans les mêmes conditions. Les nombres du Tableau suivant, multipliés par io-14, donnent la conductivité en mhos pour i'

craJ

Sulfure de carbone 20

Ether de pétrole i5

Amylène i4

Chlorure de carbone 8

Benzine 4

Air liquide 1 , 3

Huile de vaseline 1,6

On peut cependant supposer que les liquides et les gaz se comportent d'une façon analogue, mais que, pour les liquides, le courant reste proportionnel à la tension jusqu'à une limite bien plus élevée que pour les gaz; la loi de proportionnalité, dans la série précédente d'expériences, ne cesserait de se vérifier que pour des tensions supérieures à 45o volts.

On pouvait, par analogie avec Ce qui a lieu pour les gaz, chercher à abaisser la limite de proportionnalité en employant un rayonnement beaucoup plus faible. L'expérience a vérifié cette prévision; le produit employé était cent cinquante fois moins actif que celui utilisé dans les premières expériences. Pour des tensions de 00, 100, 200, 4oo volts, j'ai obtenu des courants qui peuvent être respectivement représentés par 109, 1 85, 255, 335. La proportionnalité ne se maintient plus, mais le courant varie encore fortement quand on double la différence de potentiel.

Quelques-uns des liquides examinés sont des isolants à peu près parfaits quand ils sont à l'abri de l'action des rayons et qu'on les maintient à température constante. Tels sont : l'air liquide, l'éther de pétrole, l'huile de vaseline, l'amylène. Il est alors très facile d'étudier l'effet des rayons.

L'huile de vaseline est beaucoup moins sensible à l'action des rayons que l'éther de pétrole. Il convient peut-être de rapprocher ce fait de la différence de volatilité qui existe entre ces deux hydrocarbures. L'air liquide qui a bouilli pendant quelque temps dans le vase d'expérience est plus sensible à l'action des rayons que celui que l'on vient d'y verser : la conductivité produite par les rayons est d'un quart plus grande dans le premier cas.

J'ai étudié sur l'amjlène et sur l'éther de pétrole l'action des rayons aux températures de +io° et de — 170. La conductivité due au rayonnement devient plus faible d'un dixième seulement de sa valeur quand on passe de io° à — 170.

Dans les expériences où l'on fait varier la température du liquide, on peut soit maintenir le radium à la température ambiante, soit le porter à la même température que le liquide; on obtient le même résultat dans les deux cas. Gela tient à ce que le rayonnement du radium ne varie pas avec la température et conserve encore la même valeur, même à la température de l'air liquide, comme je l'ai vérifié directement par des mesures.

SUR LA

Page 1