TROISIÈME MUEZZIN
Allah î...
(Ce cri se prolonge comme les autres, et sur un ton diiTérent encore.) PÉDRILLE.
Je suis à jeun depuis longtemps.
Je me sens lâche, dont j'enrage.
Ah I si j'avais soupe, que j'aurais de courage î
D. JUAN
La porte s'ouvre, il n'est plus temps.
( T/eunuque, en se relevant, a frappé des mains de nouveau. La porte s'est ouverte ; et & droite et à gauche on voit deux petits nains à qui l'eunuque fait signe, et qui lui répondent par signes. Une conversation muette s'établit ainsi entre eux.)
(L'intérieur du sérail parait, brillamment éclairé. On entend sortir des sons de mandoline et autres instruments à cordes, et, par delà le bois de cyprès, on entend aussi s'élever de la viUe, dès que les muezzins ont cessé de chanter, un bruit confus de tambourins, un mélange de sons métalliques, une espèce de charivari; c'est le Rhamazan qui commence.)
D. JUAN
Oh! quelle vue S'oflFre imprévue A mes regards !
Quels sons nouveaux se font entendre!
De toutes parts Un parfum d'aloès semble ici se répandre.