‹ Œuvres de Pierre LebrunChapitre 72 sur 99 · CHOEUR DES ESCLAVES NOIRS · texte numérisé non relu

CHOEUR DES ESCLAVES NOIRS

Aux odalisques.

Marchez en ordre, et qu'en silence Chacune rentre en son bercail.

Que désormais la nuit commence; Paix et repos dans le sérail.

D. JUAN, à part.

M'y voilà!

HAROUN, bas, à D. Juan.

Sois prudent.

D. JUAN, à part.

Veillons sur nous.

HAROUN, à part.

Que faire ?

Chien de chrétien! faut-il le laisser en ce lieu? La nuit?

D. JUAN, à part.

Livrons mon sort à la garde de Dieu.

HAROUN, à part.

Je n'ose parler ni me taire.

La khasnadar ignore le mystère.

D. JUAN, à part.

Son intérêt est de se taire.

Ses jours aussi dépendent du mystère.

HAROUN

Prudente khasnadar...

LA KHASNADAR.

Haroun?

HAROUN

Ne crois-tu pas.

LA KHASNADAR.

Eh bien?

D. JUAN

Que va-t-il dire!

HAROUN

mortel embarras!

LA KHASNADAR.

Parle.

FAROUN.

Ne crois-tu pas que, cette nuit première, Fatiguée encor du bazar, Il convient que seule, à l'écart.

Dorme l'odalisque étrangère?

LA KHASNADAR.

Kislar, je t'aime et te révère;

Au pouvoir du sultan ton pouvoir est pareil ;

Mais au seuil de l'oda souviens-toi qu'il expire, Et laisse-moi de mon empire Gouverner du moins le sommeil

HAROUN

Allons, allons, je me retire , Et par ma foi, la nuit ira

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