CHOEUR DES ESCLAVES NOIRS
Aux odalisques.
Marchez en ordre, et qu'en silence Chacune rentre en son bercail.
Que désormais la nuit commence; Paix et repos dans le sérail.
D. JUAN, à part.
M'y voilà!
HAROUN, bas, à D. Juan.
Sois prudent.
D. JUAN, à part.
Veillons sur nous.
HAROUN, à part.
Que faire ?
Chien de chrétien! faut-il le laisser en ce lieu? La nuit?
D. JUAN, à part.
Livrons mon sort à la garde de Dieu.
HAROUN, à part.
Je n'ose parler ni me taire.
La khasnadar ignore le mystère.
D. JUAN, à part.
Son intérêt est de se taire.
Ses jours aussi dépendent du mystère.
HAROUN
Prudente khasnadar...
LA KHASNADAR.
Haroun?
HAROUN
Ne crois-tu pas.
LA KHASNADAR.
Eh bien?
D. JUAN
Que va-t-il dire!
HAROUN
mortel embarras!
LA KHASNADAR.
Parle.
FAROUN.
Ne crois-tu pas que, cette nuit première, Fatiguée encor du bazar, Il convient que seule, à l'écart.
Dorme l'odalisque étrangère?
LA KHASNADAR.
Kislar, je t'aime et te révère;
Au pouvoir du sultan ton pouvoir est pareil ;
Mais au seuil de l'oda souviens-toi qu'il expire, Et laisse-moi de mon empire Gouverner du moins le sommeil
HAROUN
Allons, allons, je me retire , Et par ma foi, la nuit ira