‹ Œuvres de Pierre Leroux (1825-1850) (volume 2)Chapitre 74 sur 132 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'Assemblée Constituante.

Je le demande, si, dès 1789, cette science eût été connue, l'Assemblée Constituante n'aurait-elle pas, à la lumière de cette science, organisé la nation qui lui remit si libéralement ses destinées? Mais on chercherait vainement un principe, une science, dans les travaux de la Constituante. On ne trouve pas d'autre science politique dans ses comités de constitution et de législation que les lueurs vagues et incertaines aperçues par Montesquieu un demi-siècle auparavant. Aussi que produisit, à la piste de Montesquieu, l'Assemblée Constituante? Après s'être longtemps divisée en deux camps, correspondants aux deux modèles vantés par Montesquieu, la Monarchie Française et la Monarchie Anglaise, elle arriva, par compromis autant que par hasard, à une Monarchie de nouvelle invention qui n'avait la vitalité ni de l'un ni de l'autre de ces modèles, ou plutôt qui n'était pas viable, et qui ne vécut pas. En un mot, elle enfanta une chimère, une impossibilité. Certes, je ne veux pas dire que l'Assemblée Constituante n'ait pas fait d'excellentes

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