‹ Œuvres de Pierre Leroux (1825-1850) (volume 3)Chapitre 79 sur 88 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

M. Thiers.

La politique de ces deux hommes était pour ainsi dire marquée d'avance dans leurs écrits. L'un a fait une Histoire de la Révolution Française, mais sans comprendre le but religieux de celte Révolution, sans accepter ses promesses et ses prophéties; il n'a vu dans cette Révolution que le fait, le fait triomphant an moment où il écrivait; il a vu dans celte Révolution, non pas l'avenir, mais le présent qu'il avait

sous le» yeux. Il a vu que cette Révolutioii avait ôté le pouvoir am rois et aux DobleSy pour le donnera des'hommes sortiis de race plébéienne, et qui, s'étant mis à la place de leurs devanciers, étaient devenus à leur tour une aristocratie influente. Voilà ce qu'il a vu dans cette Révolution. Il dit que le Consulat lui en a paru le dernier développement : le Consulat est bien près de l'Empire. Quant à des principes, quant à des vérités, il n'en a pas vu l'ombre dans cette Révolution dont il a écrit l'histoire. Demandez-lui ce que c'est que la souveraineté du peuple, il vous répondra qu'il l'ignore, et qu'il ne sait ce qu'on veut lui dire. Voilà l'historien de la Révolution Française.

GHAPITRB IV.

M. Gaizot.

L'autre a écrit une histoire de la Révolution d'Angleterre. Né^ protestant, il n'avait compris que le protestantisme de Calvin; il n'avait pas compris celui de Luther. Luther avait les yeux tournés vers l'avenir; Calvin ne vit que le présent. Luther avait détruit la grande Eglise en vue de l'Eglise plus grande qui sera l'Humanité; Calvin refit bien vite une petite Église. Calvin est à Luther ce que Genève est à Rome. Luther est un grand saint, Calvin n'est qu'un docteur. Luther a des faiblesses, il n'a pas de souillures : Calvin est souillé par l'hypocrisie et la cruauté. Si la France n'a pas embrassé le Protestantisme, c'est à Calvin qu'il faut l'attribuer indirectement. Le Protestantisme qu'il lui montrait était trop étroit, et en même temps trop inconséquent pour la séduire. Despotisme pour despotisme, hypocrisie pour hypocrisie, cruauté pour cruauté, la France préféra la décadence du Catholicisme à la religion de Calvin. Calvin n'est pas seulement couvert du sang qu'il a versé lui-même, il est complice de celui que les Gomaristes firent couler pendant un siècle entier au nom de son Eglise (i). Or

(1) Si Ton irouTnH ce jugemeDi sur Calvin injuste ou trop sévère, je roDvemis aux preuves que j'ai donn^ dana Tarticle Calvin de VEneydopifdie Nouvelie, Voici la con* duiion de cet article :

« Eo résumé, ce B*est pas un homme que la postérité, après deux siècles et déni, réprouve dansGalvia : c'est une Doctrine. Cet homme s*est trouvé le type presque parftiit de ceUe Doctrine, et il faut reconnaître qu*il Ta émise et pratiquée eonsciaa^ deusement. L'Humanité d'aujourd'hui a des lumières que cet bomiae u'avaU pM« des tendances qu'il n'avait pas; elle le juge d'après ces lumières et d^ay«^s oes Veadauces, et le meta sa place dans le panthéon de l'histoire. La Pbilosopkii^ ^^ceV^^^^^^^^^ tantisme;.mais eUe ne Taccepte que sous bénéfice d'Inventaire, ^v ^(^/cf^^^^^^ testantisme tout ce qui allait vers l'avenir, elle rejette tout ce qu\^^ •o!!^^^^^^^^*

» Et voilà pourquoi elle fait une grande différence outre \^^ "^ ^ ç;^\v^ A^^

H. Gimot a fût non pas senlement l'apologie de Calvin, mais l'apologie daa rigueurs de Calvin, y compris le meortre de Servet

CBAPITIB V.,

L'eisciice de M. Gaizot, c'est de copier Galrin.

Les voyageurs nous parlent d^arbres à Tombre desquels il n'est pas sûr de se reposer, car cette ombre donne la mort. U est des hommes qui projettent dans la postérité Je ne sais quelle ombre funeste, qui, elle aussi , est un poison.

La secte religieuse de Calvin est morte aujourd'hui; mais n'avonanous pas aiyourd'hui même encore des calvinistes politiques? Vous coonaifliez ces hommes qui traitent notre Révolution Française comme uoe vieille erreur déjà bien passée, ces hommes qui depuis dis ana^ à la tribune, répàtrat sans casse qu'ils veulent écraser te rnowaiêe ^/miêe de to Aieofmiiùm. Savez-vous ce qu'ils sont, eux? Une mauvaise queue d'une chose bien plus passée encore, une mauvaise queue du Calvi* nisme.

fienève et Coppet ont envoyé à la France deux ou trois personnages

éniSMipttevr sa pivfi» de loultt les héiétics» Tautre antemt persécataar de iMtes les liérésies; ron destrueieur di» rtglise, TaiUre soutien iodirect de cotie Église, qa^il combaitali, partisan an fond de la même Doctrine, et qui, pour avoir voulu organiser le présent, fût Tennemi acharné et aveugle de Tavenir qai s^avançaîU ^

»Et voyea la fkiblesse des plus grands bommes quand le cœur leur manque pour dtvteer Tatenir, quand Ils ne sont pas doués du génie prophèUqoe, quand Tldéal ne briUe pas daua leur Ame 1 U se trouve ai^ourd'bui que, même sur les détails, tous ceux que Calvin a poursuivis ont raison contre lui. Si nous voulions faire ua parallèle entre TAnabaptisme et le Calvinisme, nous montrerions aisément que TAnabaptisme avait des presseutiments plus vrais et plus vlvaces que le Calvinisme. Si nous voulions comparer le Luthéranisme pur au Calvinisme, il nous serait aisé de prouver que Qslvlfi, qui n'a fait m reste qtf*employer la théologie et toute la critique de Luther, a oepeadant fat«è proAMidèmeat cette tbéologio. Si nous voulkHM comparer CalvîD à ces miséricordieux qui lui font, dit-il , pitié, quand ils soutiennent que les suppKoes deivsttt diaparaltre levs le règne du Christ, nous lui montrerions en perspective Armi- Diva, qai doit si vite saper et détruire sou œuvre, sni s'agissait de ces lihres penseurs doBS il ne conçoit pas la prétentien, attendu, dit-il, quMl ne eonçolt pas la société aaaa one Église, ni «ne Église sans intolérance, nous lui montrerions le Dlx-Hnl* tièaae Sièele qni va venir. 9i enSn il était question de Servet, peut-être se trouveraitil que Servel avait sur la Trinité des idées bien plus profondes que les siennes.

» Frodamer la oensefenee de Calvin, voilà toute Pêqtrité qu'on fnf doit. Mais il est ai^oanThui de» écrivains qui s^ifforcent de le réhabiliter de toutes Ihçons, et qiri, i prétexte d^ordre, voudraient nous insinuer son intolérance, etc. »

qui CMit pour Calfia un culte secret : c'est leur homme, leur mitre, leur idéal. Le théologien du parti, M. Guisot, a publié autrefois w^ CalTin, dans le Musée des Protestants célèbres, une Notice écrite t^vec un aele qui pouvait faire pressentir ce qu'il a dit et fait depuis dix ans.

Croirait^n que, dans cette Notice, M. Guisot, comme je viens de le dire, va jusqu'à justifier le meurtre de Servet? <x II voit bien, dit^U » quelque passion dans la conduite de Calvin envers Gastalieo, Bobeo p et Servet;... mais Vidés génêruh setm laqusUe Calvin agit m btûkmi » Servet était de son sUele, kt on a ton db là lui impdtbr (i). »

Cette approbation du protestant calviniste M. Guizot ne prévaudra paf contre l'anathème du protestant arminien Grotius, que noua aimonai répéter, comme un contraste heureux , et qui soulage l'âme : <i L'es^ 9 prit de l'Àntédirist n*a pas setdemsnt sipparu smr Iss hords du. T^e, d mais encore sur les bords du Léman, »

Grotius écrivait sa désapprobation cloquante ans seulement après Calvin, et vous approuvez ce qqe Grotius flétrissait, vou9 venu deux siècles après Grotius I

Grotius, protestant, sentait que le Protestantisme avait été com|Mror mis et souillé par Calvin; car si Calvin avait légitimement élevé des bûchers au nom de la Réforme, ce n'était pas une religion d'amour, mais une religion de haine.

Et vous, protestant, vous faites de bon cœur le Proteataatbme oomplice de Calvin 1

C'était, ditee-vous, l'idée du siècle. A ce compte pouK|uoi louert«n les premiers Chrétiens d'avoir subi innocemment le martyre? Ils an<^ raient dû se venger en assassinant. Était^e donc la peine de venir, au seizième siècle, attaquer l'Église et réformer le Christianisme, pour adopter si pleinement Vidée du sUcle? Nous accusons précisément CaK vin de ne pas s'être élevé au-*dessus de son siècle. Les wUsérieoréieu» dont il se raillait étaient au moins en cela au-dessus de leur siècle.

Et nous l'accusons d'avohr fondé son Église sur cette idée de son siècle; et nous remarquons, l'histoire à la main, que ce fut précisément pour cela qu'il ne fonda rien, et que son œuvre se réduisit à porter partout le fanatisme au sein de toutes les communions chrétiennes sans rien fonder.

Mais M. Guizot voit au contraire dansCahin un fondateur. Il lui ra{^ porte toute l'œuvre du Protestantisme; il la lui livre, etTabaorbe en lui. Luther n'était qu'un bronitloo, suivant H. Gui;iot, ^^ undee^ trudeor. a Luther, dit-il, vint pour détruire, Calvin m^^ tonner, par D des nécessités égales, mais difTérentes. b Voilà donc V^ p^NjS&V^'^^^^^

(1) NeOœ sur Cahin, page M.

réduit à n'être qu'une application de cette idée du iiicle (rinquisilHm , Fintdérance, une Église despotique soutenue du bourreau) ^U ne foui pa$ impuier à Cahin!

M. Guizot ne sait pas qu'il est des oeuvres de destruction qui, se liant aux véritables constructions que prépare Tavenir, sont plus durables que de mauvaises constructions, plagiat du passé, qui ne servent qu'à encombrer le Genre Humain dans sa route. Il ne sait pas que le Dom de fondateurs n'est réservé qu'aux hommes qui fondent réeUement, suivant l'esprit de l'époque qui s'avance , et non pas à ceux qui bâtissent dans l'esprit de l'époque dont on s'éloigne. Un destructeur oomme Luther a plus fondé , c*est*à-<lire a jeté plus de germes durables, et a plus donné à la vie subséquente de l'Humanité, qu'un fondateur comme Calvin.

M. Guizot a pris pour le Protestantisme une déviation du Protestantisme.

M. Gutsot sacrifie toujours l'avenir au présent

On dirait, au reste, que c'est lui qu'il aime en aimant Calvin, s'il n'était pas plus vrai de dire qu'il s'est formé de bonne heure à Fioiitation de Calvin. Laissona-le donc, non pas seulement admirer, mais admirer $aH$ réierve « cet homme, d'une taille médiocre, pâle et maigre, » que l'on voyait quelquefois passer la main sur son front, mais dont » le visage ne laissait voir aucune trace de profonde fatigue intellec- » tuelle, et qui portait toujours la tôte haute. » Cahin était, en effet, dénué de cette poésie qui dévorait Luther, de cette métaphysique qui s'effiraie des profondeurs qu'elle découvre, de cet esprit d'inveation qui tourmente sans relâche ceux qui en sont possédés. Ce qui dévorait Calvin plus que ses fatigues intellectuelles, c'était l'ambiûou de gouverner. Laissons-le s'extasier devant cet homme a qui sut se saisir de » l'empire. » Laissons-le l'exalter comme « une de ces hautes supé- » riorités intellectuelles qui se placent en tête d'une époque ou d'un » peuple; » comme l'homme « de cette seconde époque de toutes les D grahdes révolutions sociales où, après avoir conquis, par la guerre, » le terrain qui doit leur appartenir, elles travaillent à s*y établir par » la paix, selon les principes et sous les formes qui conviennent a » leur nature (I). i> Seulement n'oublions pas que, suivant M. Guieot, nous sommes précisément à cette seconde époque, et gardonsrnous d'entendre la paix comme l'entendait Calvin.

Qu'est-ce, je vous le demande, que la doctrine de IL Guizot? qu'estoe que la doctrine des himnéles gem et des malhonnêtes gens , dont les uns doivent gouverner les autres, intimider les autres, punhr les

(1) Ces divers passages sont empruulés textuellemeiH à la Notice sur Calvin.

autres, sans quoi la société humaine tomberait en ruine, si ce n'est pas le dogme d^ Calvin des bons et des mauvais, des damnés et des justes?

Et si de la théorie nous passons à la pratique, n'avons-nous pas vu ressusciter Calvin et ses rigueurs salutaires?

Quand il a fallu envoyer télégraphiquement des ordres impitoyables, le Calvinisme s'est trouvé là.

Quand il a fallu exposer aux Chambres la nécessité de lois d'MnmtdcUion, et légitimer par des arguments presque théologiques la punition et le bourreau , le Calvinisme n'a pas fait défaut.

L'essence même de la politique de ces hommes est de copier Calvin.

Calvin, à travers la Réforme, voulait retrouver l'Église : ils poursuivent depuis vingt ans la Monarchie à travers la Révolution.

Il faut donc nommer leur maître, pour faire comprendre leur doe* trine et en découvrir le venin.

Non, la politique qui, au lieu de réunir le Peuple, tend à le diviser, ne saurait être une bonne politique; de même que la religion qui divise le Genre Humain en deux parts, et qui donne à l'une l'enfer, à l'autre le paradis, n'est pas une bonne religion.

Il y a un Christianisme qui atQrme que Jésus-Christ est venu pour sauver tous les hommes; mais Calvin dit, au contraire, que Dieu a fait des bons et des méchants, et que les bons doivent, même par le fer et le feu, gouverner et punir les méchants.

11 y a une politique qui embrasse le Peuple tout entier, et qui dé pose pour but d'élever les misérables au bien-être, à la moralité, à l'Intelli-' gence, à la liberté. Il y en a une autre qui fait la distinction des lion-* nêtes gens et des malhonnêtes gens, c'est-à-dire des riches et des pauvres, de ceux que leur intérêt rend conservateurs et de ceux que leur intérêt pousse aux révolutions.

Or, je le demande encore une fois, qui est-ce qui a triomphé depuis Calvin, sinon la religion de la Fraternité et la politique de tÉgaliti?

Et qui finalement sauvera le monde? Est-ce la religion qui embrasse solidairement tous les hommes dans sa charité, ou la religion qui damne et réprouve? est-ce la politique qui embrasse solidairement le Peuple tout entier dans son activité bienfaisante, ou la politique qui reconnaît des ilotes et instaure légitimement une tyrannie?

Arrière donc, arrière le Calvinisme sous toutes ses faces et sous tous ses déguisements.

CHAFITftI VI.

M. QwbM m HManne des époqiM

Ob ne oomialt bien un homme que lorsqu'on connaît sa doctrine reUgteoBe. Voilà U religion de M. Guizol connue : c'est on calTÎniçte, c'est même le singe de Calvin. Suivons un instant ses travaux Utté*rairee, pour voir comment son Calvinisme Ta fait homme d'État et Fa coudait au ministère.

Après avoir fait lapologie du meurtre de Servet, M. Guizot a écrit THiatoiro da la Révolution d'Angleterre; c'est là son vrai titre littéraire. Ses publications sur la France ont servi sans doute à réveiller l'étude de nos annales; mais véritablement c'est l'ignorance où l'on était des grands travaux et des systèmes divers de Montesquieu, de Mably, de Dubos, de Boulainviiliers, qui a seule donné du relief à l'éclectisme historique de H. Guizot, prenant tour à tour, sans en comprendre toute la portée, il faut le dire, l'idée de Montesquieu, ou celle de Mably, ou celle de Dubos, ou celle de Boulainvilliers. Pas une grande ligne, pas une pensée vraiment générale, pas une seule conclusion lumineuse dans ces écrits trop vantés de M. Guizot sur la France (1). La France n'était pas son tait; il lui fallait l'Angleterre, pays de Protestantisme à la façon de Calvin , nation dont le génie ne fut jamais d'idéaliser et de conclure, mais de matérialiser et de maintenir. H. Guizot chercha dans la Révolution d'Angleterre ce qui avait triomphé; c'était pour lui Tidéal. Or, c'est l'aristocratie qui a triomphé en Angleterre; c'est la féodalité qui, sous une autre forme, s'est maintenue en Angleterre. M. Guizot n'a jamais étudié la Révolution Française, il a étudié la Révolution d'Angleterre. Ce qui avait finalement réussi en Angleterre, ce qui s'était établi, c'était un gouvernement aristocratique sous la forme d'une constitution. M. Guizot vit donc encore là ce qu'il avait vu dans le Calvinisme, à savoir qu'il y a, suivant sa propre formule, a une seconde époque de toutes les grande^

(t) SalDtrSimon disait de M Gmioi : « Cest md vulgarisateur. » Nous avooç eu occasion d'examiner avec soin l*oiivrage réputé le plus original de M. Gnfzot, son volume à*B$9ais sur r histoire de France, où, dit^n, se trooveni ooneeiitrées ei rénnées toutes ses découvertes. Nous pouvons sfBnner qu'ayant lu coroparativeiDeDl Montesquieu et Mably, nous n'avons trouvé dans cet écrit de M. Guizot qu'un pbgiai de deux systèmes contradictoires, exposés sans conclusion, et sans même que le vulgarisateur ait compris leur antinomie. Il y a des réputations littéraires fort usurpées, et qui, étant passées à Tétat politique et ayant incamé en elles le pouvoir, sont deve* nues fort onéreuses à la patrie. Voilà pourquoi nous disent ces choses.

» réTolntions sociales, où, après avoir conquis par la guerre le terrain » qui doit leur appartenir, elles travaillent à s'y établir par la paix » selon les principes et sous les formes qui convienn^t à leur nature. » Il se rangea, comme on devait s'y attendre, du c6té de a ces hautes » supériorités intellectuelles qui se placent en tête de ces époques » seéondeê. » C'est là que s'est allumée sa dévorante ambition, ou plutôt voilà Valiment que cette ambition naturelle a su trouver dans son intelligence. « Il y a des époques secondée où les révolutions s'arrêtent, où elles s'établissent; la Réforme le prouve, l'histoire d'Angleterre le prouve; nous sommes à cette époque seconde, quant à la Révolution Française; je veux être, je suis une de ces hautes supériorités qui doivent arrêter la Révolution Française, pour la mieux étabh'r. » Ainsi a raisonné M. Guizot, ainsi il raisonnait encore hier à la tribune. Ne lui reprochez donc pas d'avoir servi les Bourbons contre la France, ne lui rappelez pas qu'il était à Gand rédigeant leur Moniteur, qu'il les servait encore après Waterloo, et qu'il aurait continué de les servir, si la disgrâce ne l'avait pas frappé, en même temps que le ministre sons le patronage duquel il les servait. Que lui importe? Il est dans son rôle : nous sommes à une de ces époques secondes où les révolutions s'arrêtent, et il est une de ces hautes supériorités intellectuelles qui les arrêtent.

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