‹ Œuvres de Pierre LerouxChapitre 3 sur 55 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Sous le rapport de la forme, ce livre n'est pas un livre; c'est l'assemblage de trois Mémoires qu'on ne s'est pas donné la peine ou qu'on n'a pas eu le talent d'assortir, de manière à en faire un tout.

Mais, sous un autre rapport plus important, ce livre est plus qu'un livre; c'est une base et une fondation.

Gomme l'architecte, avant de bâtir, cherche un terrain solide, ainsi tout ce que nous avons édifié plus tard. Ta été sur la Doctrine de la Perfectibilité entendue comme elle l'est dans ces trois Mémoires.

On nous doit, en effet, cette justice, que cet ouvrage est le premier où la Doctrine du Progrès ait été estimée et pesée à sa juste valeur.

Nous ne craignons pas de nous rendre ce témoignage, après le livre de Gondorcet, et quand nous avons pris soin de démontrer que, depuis Pascal jusqu'à Saint-Simon, tous les penseurs, sans exception, ont attaché une importance capitale à l'idée de la Perfectibilité.

C'est que tous ces penseurs, quelque grands qu'ils aient été, nous avaient laissé quelque chose à faire, comme une preuve en quelque sorte de la vérité du dogme du progrès. Pline, en effet, ne disait-il pas, il y a près de deux mille ans : Nec tUli nato post mille secula prœcludetur occasio aliquid adhuc adjiciendi. Pourquoi, sur le dogme même, n'y aurait-il pas eu quelque chose de nouveau à découvrir? Il est certain que tous ceux qui avaient connu la Perfectibilité, l'avaient plutôt, jusqu'à nous, considérée comme un fait, que comme ime Doctrine.

Nous avons essayé, dans ces trois Mémoires, d'ajouter à leurs découvertes, en transformant complètement l'idée qu'on doit se faire de la Perfectibilité humaine.

Dans le premier, nous avons essayé de faire de la Doctrine du Progrès une philosophie.

Dans le second, nous avons essayé d'en faire une méthode.

Dans le troisième, nous avons essayé d'en faire une religion.

n n'est donc point de sujet plus important que celui de ces trois Mémoires.

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