NERON, BURRHUS
iAllas obéira , Seigneur.
Néron.
Et de queî ceil i Mère a-t-elle vu confondre fbn orgueil?
: doutez point , Seigneur , que ce coup ne la
frappe, l'en reproches bien-tôt là douleur ne s'échappa ;■ transports dès long-temps commencent d'éclater.
d'inutiles cris puifïènt-ils s'arrêter !
loi ? De quelque delîêin la croyez-vous capable?
rippine, Seigneur, eft toujours redoutable, dbme, 6c tous vos fbldats révèrent fes Aieux, A rmanicus fon Père eft prelènt à leurs yeux. 1 s ûit fbn pouvoir : Vous fàvez fbn courage : ïce qui me la fait redouter davantage, tft que vous appuyez vous-même fon courroux,
Et
l6o BRITANNICUS.
Ee que vous lui donnez des armes contre vous.
Néron.
Moi, Burrhus?
Cet amour , Seigneur , qui vous polîede Néron.
Je vous entens, Burrhus, le mal eft fànsremed Mon cœur s'en eft plus dit que vous ne m'en
rez.
Il faut que j'aime enfin.
Burrhus.
Vous vous le figurez , Seigneur , & fàtisfait de quelque refiftance Vous redoutez un mal foible dans fà naiflànce Mais fi dans ion devoir vôtre cœur affermi Vouloit ne point s'entendre avec fon ennemi, Si de vos premiers ans vous confultiez1 la gloir Si vous daigniez , Seigneur , rappeller la menu Des vertus d'Octavie, indignes de ce prix, Et de fon chatte amour vainqueur de vos mép: Sur tout fi de Junie évitant la preiènce, Vous condamniez vos yeux à quelques jours d
iènce j Croiez-moi, quelque amour qui fèmble vous cï
mer , On n'aime point, Seigneur, fi l'on ne veut ai n
Je vous croirai , Burrhus , lorfque dans les allan
Il faudra foûtenir la gloire de nos armes ,
Ou lors que plus tranquille afïîs dans le Senat>
Il faudra décider du deftin de l'Etat :
Je m'en reposerai fur vôtre expérience.
Mais , croyez-moi , l'amour eft une autre fcier
Burrhus , & je ferois quelque difficulté
D'abaiflèr jufques-là vôtre feverité.
Adieu, je foulfre trop éloigné de Junie.
SC
TRAGEDIE. iCl.