SCENE III
CHICANNEAU, ISABELLE, L'IN T I M E\
Chicanneau.
OUi ? Je fuis donc un fot , un voleur , à fon compte , Un Sergent s'efl chargé de la remercier,
Si Et
4io LES PLAIDEURS.
Et je lui vais fèrvir un plat de mon métier.
Je lèrois bien fâché que ce fût à refaire.
Ni qu'elle m'envoyât aiTigner la première.
Mais un homme ici parle à ma fille. Comment,
Elle lit un Billet? Ah , c'efl de quelque Amant.
Approchons.
Isabelle.
Tout de bon, ton Maître eft-il fincere? Le croirai-je ?
L' I n t i m e\ Il ne dort non plus que vôtre Pcre , Il le tourmente. 11 vous... * fera voir aujourd'hui Que l'on ne gagne rien à plaider contre lui.
* appercevMit Chicaneau.
Isabelle.
C'efr. mon Père. Vraiment, vous leur pouvez, apprendre, Que fi l'on nous pouriuit , nous fàurons nous défendre.
Tenez , voilà le cas qu'on fait de vôtre Exploit.
CHICANNEAU:
Comment ! C'eft un Exploit que ma fille lifbit? Ah ! tu ièras un jour l'honneur de ta famille. Tu défendras ton bien. Vien , mon fang, vien,
ma fille.
Va, je t'achèterai le Praticien François. Mais, diantre, il ne faut pas déchirer les Exploits.
Isabelle.
Au moins dites-leur bien que je ne les crains
guère , Ils me fercn" plaiiir; je les mets à pis faire.
Chicanneau.
Hé S ne te fâche point.
Isabelle.
Adieu, Moniteur.
SCE-
COMEDIE. 41 r