CREON,ATTALE
Alnii donc vous fuyez un Amant odkux , Et vous-même, cruelle , éteignez vos.beaufc yeux.
Vous fermez pour jamais ces beaux yeux que ja-
dore , Er pour ne me point voir vous les fermez encore. Quoi qu'Hemon vous fut cher -, vous coutcz au
t trépas Bien plus pour m'eviter que pour fuivre lès pas. Mais dutfiez-vous encor m'être auiïi rigoureuie ,' Ma prefènee aux enfers vous tût-elle odieufè , Dût après ie trépas vivre votre courroux, Inhumaine , je vais y defeendre après vous. Vous y verrez toujours l'objet de votre haine , Et toujours mes iqûpirs Krou$ rediront ma peine 1 Ou pour vous adoucir , ou pour vous tourmenter, Et vous ne pourrez plus mourir pour m'éviter.
Mourons donc
A t t a l e , & des Gzrdes.
Ah! Seigneur quelle cruelle envie!
Ah^ c'efl m'aflafïiner que me fiuver la vie. Amour, rage, tranrports , venez à mon fècours, Venez 8c terminez mes deteftables jours. De ces cruels amis trompez tous les obftacles. Toi juftifie , ô Ciel , la foi de tes Oracles. Je fuis le dernier fàng du malheureux Laïus , Perdez-moi, Dieux cruels, ou vous ferez déçus. Reprenez , reprenez cet Efnpire funefte.
Vous