‹ Œuvres de RacineChapitre 5 sur 197 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

JOCASTF-, OLYMfE.

f? Ls font fortis , Olympe ? Ah mortelles douleurs !

& Qu'un moment de repos me va coûter de pleurs !

Mes yeux depuis iix mois étoient ouverts aux larmes ; Et le fbmmeil les ferme en de telles allarmes ? Puiïlè plutôt la mort les fermer pour jamais , Et m'empêcher de voir le plus noir des forfaits- Mais en font-ils aux mains?

A 4. Olym-

Olympe.

Du haut de la muraille , "fe les ai vus déjà tous rangez en bataille. J'ai vu déjà le ter briller de toutes parts , Et pour vous avertir , j'ai quitté les remparts. J'ai vu le fer en main Etéocle lui-même , Il marche des premiers , & d'une ardeur extrême, Il montre aux plus hardis à braver le danger.

N'en doutons plus , Olympe . ils Ce vont égorger. Que l'on coure avertir & hâter la Princefle. Te l'attens. Jufte Ciel i fbûtenez ma foiblefle. Il faut courir , Olympe, après ces inhumains, Il les faut fèparer , ou mourir par leurs mains. Nous voici donc, helas ! à ce jour deteftable Dont la feule frayeur me rcndoit miièrable. Ni prières , ni pleurs ne m'ont de rien fèrvi . Et le couroux du fort vouloit être afïbuvi. O toi , Soleil, ô toi, qui rens le jour au monde? Que ne l'as-tu laiffé dans une nuit profonde! A de fi noirs forfaits , prêtes-tu tes rayon* > Et peux-tu fans horreur voir ce* que nous voyons? Mais ces Monflres , helas ! ne t'épouvantent guéres , La race de. Laïus tles a rendus vulgaires. Tu peux voir fans frayeur Tes' crimes de mes Fils, Apres ceux que le Père 8c la Mère ont commis: Tu ne t'étonnes pas fi mes Fils font perfides , S'ils font tous deux méchans , 6c s'ils font parricides , Tu fais qu'ils font fbrtis d'un fang inceflueux , £t tu t etonnerois s'ils étoient vertueux.

SCE-

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